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Advent et FedEx rachètent InPost et le retirent de la Bourse pour 7,8 milliards d'euros
Le fonds Advent, le transporteur FedEx et deux actionnaires historiques rachètent InPost, numéro un européen de la consigne à colis, pour 7,8 milliards d'euros. L'opération retire le groupe polonais de la Bourse d'Amsterdam, finalisation visée au second semestre 2026.
Qui achète quoi Le 9 février 2026, un consortium (un groupe d'investisseurs réunis pour une même opération) mené par le fonds d'investissement Advent International et le transporteur américain FedEx a annoncé le rachat d'InPost pour 15,60 euros par action, soit environ 7,8 milliards d'euros (près de 9,2 milliards de dollars), selon Reuters. InPost, fondé en Pologne, est le premier réseau européen de consignes à colis automatiques : plus de 61 000 casiers en libre-service, présents notamment en Pologne, au Royaume-Uni, en France (via sa filiale Mondial Relay), en Espagne et en Italie. Le consortium réunit quatre parties : FedEx et Advent (37 % chacun), A&R Investments — le véhicule du fondateur et dirigeant Rafał Brzoska (16 %) — et le groupe d'investissement tchèque PPF (10 %). L'offre est entièrement en numéraire, c'est-à-dire payée en liquide et non en actions.
La structure : un retrait de cote, pas un LBO classique L'opération est un retrait de cote (ou take-private) : une fois l'offre bouclée, l'action InPost quittera Euronext Amsterdam et la société cessera d'être cotée. Particularité, les acquéreurs ne viennent pas de l'extérieur : Advent contrôlait InPost depuis 2017 avant de ramener sa part à 6,5 %, et le fondateur comme PPF figuraient déjà au capital — le consortium reprend donc un actif qu'il connaît de l'intérieur. Le prix affiche deux primes très différentes, ce qui mérite un mot. Face au dernier cours coté avant l'annonce, la prime (le supplément versé au-dessus du prix de marché) n'est que d'environ 17 %. Mais rapportée au cours « non perturbé » du 2 janvier — dernière séance avant que des rumeurs de rachat ne fassent bondir le titre d'environ 50 % — elle atteint 50 %. Le niveau de dette d'acquisition et le multiple de valorisation (le prix rapporté à un indicateur de résultat de l'entreprise) n'ont pas été communiqués : sur ce type d'opération, ils le sont rarement.
Pourquoi c'est intéressant Le deal illustre l'appétit des investisseurs pour les infrastructures de livraison « hors-domicile ». Le consortium indique vouloir soutenir l'expansion d'InPost en France, en Espagne, au Portugal, en Italie, au Benelux et au Royaume-Uni. Pour FedEx, qui restera une société juridiquement distincte et concurrente d'InPost, l'intérêt déclaré est d'accéder à un réseau de casiers qui abaisse le coût du « dernier kilomètre » en Europe. La France est un marché clé : via Mondial Relay, InPost y a annoncé porter ses investissements à 1,4 milliard d'euros d'ici 2030. Mais toute l'histoire n'est pas qu'une histoire de croissance. Pour Dominik Niszcz, analyste chez Trigon, l'offre représente surtout « une bonne opportunité de sortie » pour les actionnaires, au vu du ralentissement des bénéfices et de la concurrence accrue. Sortir de la Bourse permet aussi de piloter cette transformation sans la pression du résultat trimestriel — une motivation fréquente des retraits de cote.
À retenir
- Retrait de cote à 7,8 milliards d'euros : InPost quitte Euronext Amsterdam, rachetée par un consortium FedEx / Advent / fondateur / PPF.
- Deux primes coexistent (environ 17 % sur le dernier cours, 50 % sur le cours d'avant-rumeurs) — un cas d'école pour lire un prix d'offre.
- Offre ouverte du 26 mai au 27 juillet, finalisation visée au second semestre 2026 sous réserve du feu vert de la Commission européenne.
Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.