× Glossaire
Le jargon PE démystifié.
173 termes essentiels du capital-investissement.
173 terme(s)
150-0 B ter (apport-cession)
Le 150-0 B ter est un dispositif fiscal français permettant à un dirigeant de reporter l'imposition de la plus-value réalisée lorsqu'il apporte les titres de son entreprise à une holding qu'il contrôle, avant de les céder (apport-cession). L'impôt n'est pas effacé mais gelé : il ne devient exigible que si certaines conditions ne sont pas tenues. La principale : réinvestir au moins 60 % du produit de cession dans une activité économique éligible — dont certains fonds de capital-investissement — sous deux ans. C'est un levier majeur de réorientation de l'épargne des entrepreneurs vers le non-coté.
Un fondateur cède son entreprise pour 10 M€, dégageant une forte plus-value. En cédant directement, il réglerait immédiatement l'impôt (flat tax à 31,4 % depuis 2026, soit potentiellement 3,14 M€). En apportant d'abord ses titres à une holding qu'il contrôle, puis en cédant via cette holding, il place la plus-value en report. À condition de réinvestir au moins 60 % du produit — soit 6 M€ — dans des activités éligibles sous deux ans, le report est maintenu. Une partie de ce remploi peut se faire en souscrivant des parts de FPCI ou de fonds de PE éligibles : le dispositif oriente ainsi des montants considérables de cessions d'entreprises vers le financement du non-coté, tout en différant la charge fiscale du cédant.
163 quinquies B (régime fiscal FCPR)
L'article 163 quinquies B du CGI fixe le régime fiscal de faveur des FCPR dits fiscaux souscrits par des particuliers. Sous conditions, les produits et plus-values distribués par le fonds sont exonérés d'impôt sur le revenu (les prélèvements sociaux restant dus). Conditions principales : conserver les parts au moins cinq ans, réinvestir les distributions pendant cette période, et respecter le quota d'investissement du fonds en sociétés non cotées éligibles. C'est ce régime qui rend le FCPR fiscal attractif pour l'épargnant, en contrepartie du blocage des capitaux.
Un particulier souscrit 50 000 € de parts d'un FCPR fiscal éligible au 163 quinquies B, s'engageant à conserver ses parts cinq ans et à réinvestir les distributions perçues sur la période. Huit ans plus tard, le fonds a doublé la mise et lui reverse 100 000 € : la plus-value de 50 000 € échappe à l'impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % s'appliquent, soit environ 9 300 € au lieu d'une flat tax pleine à 31,4 % qui aurait coûté 15 700 €. L'économie — 6 400 €, soit exactement la part d'impôt sur le revenu (12,8 %) — récompense l'immobilisation longue du capital et le risque pris sur le non-coté. Le respect strict des conditions de conservation et de remploi conditionne l'intégralité de l'avantage.
Add-on
Un add-on est l'acquisition d'une petite entreprise complémentaire par une société déjà détenue par un fonds (la « plateforme »), pour accélérer sa croissance par consolidation plutôt que par croissance organique seule. Pour un particulier, c'est l'une des principales sources de création de valeur en LBO aujourd'hui, au même rang que la croissance opérationnelle.
En pratique, le mécanisme repose souvent sur un arbitrage de multiple : une plateforme valorisée 10 fois l'EBITDA rachète une petite cible à 6 fois l'EBITDA, l'intègre, puis revend l'ensemble consolidé au multiple de la plateforme — la différence de multiple sur l'EBITDA absorbé crée mécaniquement de la valeur, indépendamment de toute synergie opérationnelle réelle (mécanique de « multiple arbitrage » documentée dans la littérature de structuration LBO buy-and-build).
Adossement actif-passif
Principe qui consiste, pour un assureur ou un fonds de pension, à choisir ses placements en fonction de la durée et du profil de ses engagements. Une compagnie qui doit verser des rentes pendant trente ans cherche des actifs produisant des revenus sur une durée comparable, plutôt que des placements destinés à être revendus vite. C'est ce qui oriente ces investisseurs vers les infrastructures, l'immobilier locatif ou la dette longue, dont les flux sont réguliers et prévisibles.
En septembre 2025, TotalEnergies a vendu 50 % d'un portefeuille solaire de 1,4 GW en Amérique du Nord pour une valeur d'entreprise de 1,25 milliard de dollars. L'acheteur n'était pas un fonds d'infrastructure classique, mais des véhicules et comptes d'assurance gérés par KKR, qui loge ses activités d'assurance sous sa filiale Global Atlantic. La logique tient à la nature des actifs : des centrales déjà construites, dont la production est vendue par contrat, génèrent des revenus réguliers sur longue période, compatibles avec les rentes et les contrats d'épargne que l'assureur devra servir pendant des décennies. Un fonds fermé, tenu de revendre à échéance pour rendre le capital à ses souscripteurs, n'a pas cette liberté de détention. (Source : communiqué TotalEnergies du 29 septembre 2025.)
All-partner giveback
À ne pas confondre avec le clawback, qui vise uniquement le GP et le carried interest : l'all-partner giveback oblige l'ensemble des associés du fonds — LP compris — à restituer une partie des sommes déjà distribuées si le fonds en a besoin pour honorer une obligation d'indemnisation ou un autre engagement contractuel. Cette clause protège le GP et ses affiliés contre le risque de devoir indemniser un tiers sans disposer de liquidités suffisantes, parfois plusieurs années après la clôture d'un investissement.
La clause plafonne généralement le montant récupérable à 15-30 % des engagements de chaque LP, ou au montant réellement distribué si celui-ci est inférieur, et limite la restitution à une fenêtre de 2 à 4 ans après la distribution concernée — parfois calculée depuis la dissolution du fonds plutôt que depuis chaque versement. Pour un LP, c'est un rappel que les distributions perçues en cours de vie d'un fonds ne sont jamais totalement définitives tant que le véhicule n'est pas liquidé (voir l'entrée Clawback).
AMF (Autorité des marchés financiers)
L'AMF est le régulateur français des marchés financiers. Elle délivre l'agrément aux sociétés de gestion, supervise leur activité et encadre la commercialisation des fonds auprès du public. Selon le véhicule, le fonds lui-même est soit agréé avant commercialisation (FCPR grand public), soit simplement déclaré (FPCI réservé aux investisseurs avertis). Son rôle porte sur le cadre et la conformité, jamais sur la performance.
L'agrément AMF est un prérequis, pas un label de rendement ni une garantie de capital. Le lire comme une caution de performance est une erreur fréquente : il atteste que la société de gestion dispose des moyens, des procédures et des dirigeants requis pour exercer, rien de plus.
ARR (Annual Recurring Revenue)
L'ARR est le chiffre d'affaires récurrent annualisé généré par les abonnements ou contrats récurrents d'une entreprise — métrique centrale pour valoriser les sociétés SaaS et tech en VC et growth equity, où le résultat net est souvent négatif ou peu pertinent à ce stade de développement. Pour un particulier, c'est l'indicateur qui remplace l'EBITDA ou le résultat net dans la presse sur les levées tech : une startup "valorisée à 10x l'ARR" l'est en multiple de ce chiffre d'affaires récurrent, pas de son profit.
À titre d'exemple, une startup SaaS facturant 1 000 clients à 1 000 € par mois affiche un ARR de 12 M€ (1 000 × 1 000 × 12), indépendamment du fait qu'elle soit rentable ou non. Les multiples de valorisation appliqués à l'ARR varient fortement selon la croissance et la rétention : une startup en forte croissance avec un taux de rétention élevé peut se voir valoriser 10 à 15x son ARR, contre 3 à 5x pour une croissance plus modeste — un écart qui explique une large part des divergences de valorisation observées sur des sociétés à chiffre d'affaires comparable.
Assurance-vie en unités de compte
Contrat d'assurance-vie où l'épargne est investie dans des supports dont la valeur fluctue selon les marchés — actions, obligations, immobilier, fonds de private equity — par opposition au fonds euros dont le capital est garanti. C'est le véhicule le plus répandu pour un particulier français souhaitant accéder au non coté sans passer par la souscription directe d'un FPCI ou d'un FCPR, réservée aux tickets élevés. L'assureur agit comme intermédiaire entre l'épargnant et les fonds sous-jacents, avec une couche de frais additionnelle.
Depuis le 24 octobre 2024, les nouveaux contrats en gestion pilotée doivent respecter un plancher d''actifs non cotés : au moins 4 % pour un profil équilibré, 8 % pour un profil dynamique (loi Industrie Verte). Un épargnant qui verse 50 000 € sur un contrat profil dynamique se retrouve donc automatiquement exposé à au moins 4 000 € de private equity, dette privée ou infrastructure non cotée — sans l''avoir explicitement demandé, et souvent sans connaître la liste des fonds retenus par l''assureur.
Avocat d'affaires
L'avocat d'affaires intervient à deux niveaux. À la création du véhicule, il rédige le règlement (ou les statuts), négocie les side letters avec les grands souscripteurs et sécurise la conformité juridique et fiscale de la structure. Au moment d'une opération, il mène la due diligence juridique de la cible, rédige et négocie le contrat de cession, le pacte d'actionnaires et la garantie d'actif et de passif. C'est le métier de la documentation contractuelle, à l'échelle du fonds comme de chaque deal.
Rien ne se signe sans lui, mais il ne choisit pas l'opération : il traduit en droit une décision prise par la société de gestion. La qualité de la garantie d'actif et de passif qu'il négocie détermine, par exemple, qui supporte le coût d'un passif caché révélé après l'acquisition.
Banque d'affaires (conseil M&A)
La banque d'affaires, ou conseil M&A, identifie, structure et exécute les opérations d'achat ou de cession. Elle peut travailler côté acheteur (buy-side) ou vendeur (sell-side), et prend en charge la valorisation de la cible, l'organisation du processus et la négociation. Elle est rémunérée principalement au succès, par une commission sur la transaction. Elle n'exerce aucun contrôle sur le fonds : c'est un prestataire d'exécution.
Sur un processus de cession compétitif, la banque d'affaires sell-side organise une forme d'enchères entre acquéreurs pour maximiser le prix. Son intervention influe donc sur le prix d'entrée et de sortie des participations, et indirectement sur la performance finale du fonds.
Blind pool
Un blind pool est un fonds dans lequel les investisseurs s'engagent sans connaître à l'avance les sociétés qui composeront le portefeuille. Le modèle fermé du private equity fonctionne ainsi : les LP souscrivent sur la base de la stratégie annoncée, du track record de l'équipe et de la thèse d'investissement, puis le gérant déploie le capital au fil des opportunités. L'investisseur accorde sa confiance à un savoir-faire, pas à une liste d'actifs identifiés — ce qui le distingue d'un investissement direct où l'on choisit chaque ligne.
Quand un fonds annonce un closing final à 400 M€, les institutionnels qui ont signé leur engagement n'ont, le plus souvent, aucune participation à examiner : le capital n'est pas encore appelé et aucune cible n'est acquise. Ils ont validé une équipe, un secteur (par exemple le growth tech européen), une taille de tickets et un track record sur les fonds précédents. Le gérant dispose ensuite de sa période d'investissement — typiquement cinq ans — pour transformer cet engagement à l'aveugle en une quinzaine de lignes concrètes. Cette confiance en amont explique le poids déterminant du track record : c'est quasiment le seul élément tangible dont dispose un LP au moment de s'engager.
Brownfield / Greenfield
En infrastructure, un actif brownfield est déjà construit et en exploitation (autoroute, réseau d'eau, parc éolien raccordé), tandis qu'un actif greenfield doit encore être construit ou développé. Pour un particulier, cette distinction est la clé du profil de risque d'un investissement infrastructure : ce n'est pas une catégorie homogène, le couple rendement/risque varie radicalement selon que l'actif existe déjà ou reste à bâtir.
Dans les faits, un actif brownfield (autoroute déjà en service, historique de trafic connu) génère des flux prévisibles dès l'acquisition, avec un risque principalement régulatoire et d'endettement — proche d'un profil obligataire. Un actif greenfield (construction d'un parc solaire) expose en plus au risque de construction (délais, dépassement de budget) et à une période sans aucun revenu tant que l'actif n'est pas mis en service — en échange d'un rendement attendu généralement supérieur pour compenser ces risques additionnels.
BSA (Bon de Souscription d'Actions)
Le BSA est un titre donnant à son détenteur le droit — non l'obligation — de souscrire des actions nouvelles à un prix et dans un délai fixés d'avance. C'est un instrument d'attente : on le détient d'abord, on l'exerce plus tard si la valorisation dépasse le prix convenu. Il sert à rémunérer un investisseur pour un risque pris, à intéresser un dirigeant, ou à ajuster la répartition du capital lors d'un tour. Sa version amorçage, le BSA-AIR, permet à une startup de lever vite en reportant la fixation de la valorisation.
Le BSA-AIR (Accord d'Investissement Rapide) illustre bien l'usage du BSA en amorçage. Une startup a besoin de 300 000 € rapidement mais veut éviter de négocier une valorisation trop tôt. Plutôt que d'émettre des actions, elle vend des BSA-AIR : l'investisseur verse ses 300 000 € immédiatement et obtient le droit de souscrire des actions au prochain tour, avec une décote et un plafond de valorisation en récompense de son entrée précoce. Conçu en France comme alternative locale au SAFE américain, cet instrument s'est imposé dans l'écosystème startup parce qu'il réduit les frais juridiques et raccourcit le délai de closing d'un amorçage à quelques semaines.
BSPCE (Bons de Souscription de Parts de Créateur d'Entreprise)
Le BSPCE donne à un salarié de startup le droit d'acheter des actions de sa société à un prix fixé aujourd'hui, exerçable plus tard une fois les droits acquis (vesting). Si l'entreprise prend de la valeur, l'écart entre ce prix gelé et la valeur réelle constitue son gain. Réservé aux sociétés non cotées de moins de quinze ans, il ouvre droit à un régime fiscal avantageux. C'est l'outil d'actionnariat salarié standard de la tech française, distinct des stock-options et des actions gratuites (AGA).
Un ingénieur rejoint une startup valorisée 8 M€ et reçoit des BSPCE lui permettant d'acquérir 0,5 % du capital à ce prix d'entrée. Quatre ans plus tard, la société est rachetée 200 M€. Ses bons, exerçables à la valeur d'origine, lui permettent d'acheter pour environ 40 000 € des actions qui en valent 1 M€ : une plus-value latente proche de 960 000 €. C'est ce mécanisme qui a transformé des premiers salariés de licornes françaises comme Doctolib ou BlaBlaCar en actionnaires significatifs lors de leurs levées et cessions successives, le BSPCE alignant leur enrichissement sur la réussite collective.
Build-up
Le build-up est une stratégie où un fonds acquiert d'abord une entreprise « plateforme » dans un secteur fragmenté, puis multiplie les acquisitions complémentaires (add-on) autour d'elle pour construire un groupe plus grand. C'est la stratégie globale ; chaque acquisition individuelle qui la compose est un add-on — les deux termes sont liés mais désignent des échelles différentes : le build-up est le plan, l'add-on est chaque brique.
Une stratégie de build-up type repose sur au moins quatre acquisitions complémentaires successives autour d'une même plateforme. Historiquement, cette approche fonctionnait aussi grâce à l'arbitrage de multiple (racheter des petites sociétés moins chères pour les intégrer dans un ensemble revendu plus cher) — un moteur de performance rendu plus difficile depuis la hausse des taux d'intérêt, ce qui pousse désormais les fonds à s'appuyer davantage sur la croissance organique réelle du groupe consolidé.
Buyout
Un buyout consiste à racheter le contrôle, majoritaire ou total, d'une entreprise déjà mature — par opposition au growth equity, qui prend une participation minoritaire sans changer le contrôle, ou au venture capital, réservé aux jeunes entreprises. C'est une catégorie de transaction définie par le changement de contrôle, à ne pas confondre avec le LBO : ce dernier désigne la technique de financement par effet de levier généralement utilisée pour réaliser un buyout, mais les deux notions ne sont pas strictement synonymes.
Le buyout est le premier segment du private equity européen : 189 milliards d'euros de transactions en 2025, 72 % de la valeur totale investie sur le continent selon Invest Europe. Dans la quasi-totalité des cas, le rachat est financé en LBO — mais un buyout payé cash, sans dette, resterait un buyout sans être un LBO au sens strict (source : Invest Europe, Transaction Value Analysis 2016-2025).
CAC (Customer Acquisition Cost)
Coût moyen dépensé en marketing et en ventes pour acquérir un nouveau client, calculé en divisant les dépenses commerciales totales par le nombre de clients acquis sur une période. Un fonds VC compare systématiquement le CAC à la LTV du client pour juger de la viabilité économique du modèle : un CAC trop proche ou supérieur à la LTV signale une entreprise qui perd de l'argent sur chaque client acquis.
Une startup dépense 200 000 € en marketing et ventes sur un trimestre pour acquérir 400 nouveaux clients, soit un CAC de 500 € par client. Si la LTV moyenne d'un client est de 2 000 €, le ratio LTV/CAC de 4x est généralement considéré comme sain par les investisseurs VC ; un ratio inférieur à 3x commence à inquiéter sur la rentabilité structurelle du modèle d'acquisition.
Cap table
Le cap table est le document qui recense, à un instant donné, l'ensemble des actionnaires d'une startup et leur pourcentage de détention — fondateurs, investisseurs de chaque tour, salariés via BSPCE ou stock-options. Pour un particulier, c'est l'outil qui permet de visualiser combien chaque tour de financement dilue les actionnaires précédents, et qui détient réellement le pouvoir de décision à un instant donné.
Sur le terrain, une startup fondée à 50/50 voit sa cap table évoluer à chaque tour : après une levée seed cédant 15 % du capital, puis une série A en cédant 20 % supplémentaires, les fondateurs ne détiennent plus que 65 % environ avant même de compter la réserve de BSPCE généralement allouée aux salariés (souvent 10-15 % du capital). Une dilution trop rapide peut faire perdre aux fondateurs le contrôle majoritaire avant même d'atteindre la rentabilité (voir l'entrée Valorisation pre-money / post-money).
Capital Account Statement (CAS)
Le Capital Account Statement (CAS) est le relevé individuel qu'un fonds adresse périodiquement à chaque investisseur (LP), le plus souvent chaque trimestre. Il retrace sa position complète : capital engagé, capital appelé à date, montants distribués et valeur liquidative (NAV) de sa participation. Il détaille aussi les mouvements de la période — appels, distributions, frais et carried prélevés, variation de valeur. C'est le document de référence qui permet au LP de suivre sa performance (TVPI, DPI, TRI) et de réconcilier ses flux. L'ILPA en propose un format standardisé largement adopté.
Au titre du deuxième trimestre, un LP ayant engagé 5 M€ dans un fonds reçoit son CAS. Le relevé indique 3,2 M€ de capital déjà appelé, 0,8 M€ distribués à date et une NAV de sa participation de 3,5 M€. Sur le trimestre seul, il lit un appel de 400 000 € pour financer une acquisition, une distribution de 250 000 € issue d'une cession, 45 000 € de frais de gestion et une réévaluation à la hausse de 180 000 €. À partir de ces lignes, il calcule ses indicateurs : un DPI de 0,25 (0,8 / 3,2) et un TVPI de 1,34 ((0,8 + 3,5) / 3,2). Ce document, standardisé par l'ILPA pour faciliter la comparaison entre fonds, est la brique élémentaire du suivi d'un portefeuille de private equity par un investisseur institutionnel.
Capital appelé / capital engagé
Le capital engagé est le montant total qu'un investisseur promet au fonds à la souscription. Le capital appelé est la fraction que le gérant lui réclame effectivement au fil des investissements, par tranches successives. On s'engage sur un montant, mais on ne verse pas tout d'un coup : le décalage entre les deux est au cœur du fonctionnement d'un fonds de private equity et explique pourquoi il faut garder des liquidités disponibles après avoir souscrit.
Un investisseur qui s'engage sur 100 000 € ne verse rien le jour de la signature. Le gérant appelle le capital au rythme des deals — par exemple 20 000 € la première année, 30 000 € la deuxième, et ainsi de suite sur 3 à 5 ans. Tant que le capital n'est pas appelé, il reste chez l'investisseur, mais celui-ci doit pouvoir le verser sous 7 à 14 jours à chaque appel, sous peine de pénalités sévères pouvant aller jusqu'à la perte de sa participation. Les frais de gestion, eux, se calculent souvent sur le capital engagé total dès le départ, pas seulement sur la fraction appelée.