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Capital sous gestion, dry powder, transactions : la photographie 2025 du private equity européen
Invest Europe publie ses deux études de référence sur 2025 : capital sous gestion et dry powder atteignent des records, tandis que la valeur totale des transactions reste quasi stable et le nombre d'opérations recule.
Le capital sous gestion par les acteurs européens du private equity et du capital-risque atteint 1 367 milliards d'euros en 2025, en hausse de 8 % sur un an, selon le rapport Positioned for the Challenge: Capital Under Management & Dry Powder 2025 d'Invest Europe, publié le 23 juillet 2026. Le capital sous gestion a été multiplié par 2,7 depuis 2016. Le buyout (rachat d'entreprises avec effet de levier) concentre 63 % de ce total, devant le venture capital (capital-risque, 189 milliards) et le growth capital (prise de participation minoritaire dans une société déjà rentable en forte croissance, sans changement de contrôle, 181 milliards). Le dry powder (capital déjà levé par les fonds mais pas encore investi) atteint un record de 459 milliards d'euros, soit l'équivalent de 93 % de tout ce qui a été déployé en Europe entre 2022 et 2025. Cette photographie masque une forte concentration géographique : le Royaume-Uni et l'Irlande représentent à eux seuls 53 % du portefeuille à coût et 46 % du dry powder européens, loin devant toute autre région.
Ces réserves contrastent avec une activité de déploiement restée quasi stable. Selon l'étude Transaction Value Analysis 2016-2025 d'Invest Europe, la valeur totale des transactions de private equity en Europe s'est établie à 260,9 milliards d'euros en 2025 — en ligne avec 2024 et légèrement au-dessus de la moyenne des cinq dernières années (+3 %). Le nombre d'opérations, à 8 681, reste 5 % en dessous de cette même moyenne.
Le buyout demeure le premier segment (189 milliards d'euros, -4 % sur un an) mais reste structurellement concentré sur les méga-opérations (49 % du total) : c'est le recul des grandes opérations — la tranche de taille juste en dessous — qui explique l'essentiel de la baisse (-33 % sur un an). Deux dynamiques régionales s'opposent : la France et le Benelux mènent le buyout (60 milliards, +21 %) quand le Royaume-Uni et l'Irlande reculent (-21 %) ; à l'inverse, le growth capital britannique rebondit (+30 %) et rattrape une France-Benelux en repli (-5 %), alors que le venture capital reste dominé par le Royaume-Uni et l'Irlande (31 % du total).
Au niveau sectoriel, la santé et les biotechnologies progressent fortement sur tous les segments — jusqu'à +46 % en growth capital — tandis que les biens de consommation reculent nettement, avec un plus bas depuis 2014 en buyout.
Pour un investisseur non-professionnel, ce décalage entre réserves et déploiement a une lecture concrète : les fonds ne sont pas sous pression pour investir dans l'urgence ou à n'importe quel prix — 459 milliards d'euros de dry powder leur laissent de la marge pour sélectionner leurs opérations et attendre de meilleures conditions de sortie. Ce capital vient en bonne partie d'investisseurs de long terme : les fonds de pension représentent 23 % des engagements non encore appelés en Europe en 2025. Eric de Montgolfier, directeur général d'Invest Europe, attribue cette collecte continue à « la stabilité et la prévisibilité » perçues de l'Europe par ces investisseurs institutionnels.
Le rapport signale aussi la montée des primo-gérants (1 728 nouvelles sociétés de gestion depuis 2016, pour un encours record de 246 milliards d'euros en 2025) : l'offre de fonds continue de se diversifier au-delà des acteurs historiques. Cela ne présage en rien de la performance future des millésimes en cours de constitution — seule l'analyse fonds par fonds permet d'en juger.
À retenir
- 1 367 milliards d'euros sous gestion (+8 %) et 459 milliards de dry powder : deux records pour l'industrie européenne en 2025.
- La valeur des transactions (260,9 milliards d'euros) stagne et le nombre d'opérations recule de 5 % vs moyenne sur 5 ans.
- Le Royaume-Uni et l'Irlande concentrent l'essentiel du stock de capital (53 % du portefeuille, 46 % du dry powder), quand la France et le Benelux mènent sur les nouvelles opérations de buyout.
Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.