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easyJet : Apollo surenchérit sur Castlelake dans la bataille pour le retrait de la cote
Apollo Global Management propose 7,15 livres par action pour racheter easyJet, surenchérissant sur l'offre de Castlelake que le conseil d'administration avait acceptée cinq jours plus tôt.
Castlelake, puis Apollo : cinq offres en six semaines
easyJet, compagnie aérienne low-cost cotée à Londres et fondée en 1995 par Stelios Haji-Ioannou, est la cible d'une bataille de rachat depuis fin mai 2026. Castlelake, société d'investissement américaine gérant environ 38 milliards de dollars d'actifs et spécialisée dans le financement et la location d'avions, a multiplié les propositions : les trois premières rejetées, une quatrième à 6,50 livres par action jugée insuffisante le 25 juin, puis une cinquième soumise le 4 juillet à 6,90 livres par action (environ 5,5 milliards de livres), acceptée en principe par le conseil le 5 juillet (easyJet). Le 8 juillet, Apollo Global Management — qui gère plus de 1 000 milliards de dollars d'actifs dans le monde — a soumis une offre supérieure à 7,15 livres par action (environ 5,7 milliards de livres) ; le conseil a annoncé le 10 juillet ne plus soutenir la proposition de Castlelake.
Un retrait de la cote sous condition de contrôle européen
Sur le plan juridique, il s'agit d'un retrait de la cote (le rachat intégral d'une société cotée en bourse par un acquéreur privé, qui la fait sortir du marché) : les deux offres portent sur la totalité du capital, avec une option de réinvestissement — chez Apollo, ce mécanisme est appelé « Stub Equity Alternative » et permet de convertir une partie de ses titres cotés en participation dans le véhicule non coté de l'acquéreur (easyJet). Aucune des deux offres n'est encore ferme : sous le Takeover Code britannique, Castlelake doit se prononcer avant le 3 août, Apollo avant le 7 août 17h — un mécanisme dit « Put Up or Shut Up » (PUSU), qui borne dans le temps un processus qui pourrait sinon s'éterniser. Autre condition à régler : les règles européennes imposent qu'une compagnie aérienne opérant dans l'UE soit détenue et contrôlée majoritairement par des ressortissants européens. Castlelake propose d'y répondre en faisant détenir 51% du capital par deux vétérans irlandais de l'aérien, Peter Bellew et Mark Breen ; Apollo s'est engagé à prendre les mesures nécessaires pour trouver un partenaire européen, sans détailler de structure à ce stade (Gulf News).
Une prime de 81%, deux échelles, deux thèses
L'écart de valorisation donne la mesure du décrochage du titre : l'offre d'Apollo représente une prime de 81% sur le cours de clôture du 28 mai, veille de l'annonce des premières intentions de Castlelake, easyJet ayant perdu plus d'un tiers de sa valeur sous l'effet de la flambée du coût du kérosène liée au conflit en Iran (Euronews). Le duel oppose aussi deux échelles : Castlelake, spécialiste du financement et de la location d'avions, face à Apollo, gestionnaire généraliste environ vingt-cinq fois plus gros, déjà actionnaire d'Aeroméxico, Sun Country Airlines et Atlas Air, et financeur d'Air France-KLM et Virgin Atlantic (Gulf News). Castlelake, resté discret sur ses intentions opérationnelles, a nourri des spéculations de presse sur un possible démantèlement de la compagnie pour valoriser séparément ses créneaux aéroportuaires (Flightradar24). Apollo indique au contraire vouloir soutenir la stratégie du management ; Neil Wilson, stratégiste chez Saxo UK, y voit un attrait tenant aux créneaux, à la croissance du segment séjours à marge élevée et à la flotte Airbus récente (Gulf News).
À retenir
- Apollo (7,15 livres/action, ~5,7 milliards de livres) surenchérit sur Castlelake (6,90 livres/action, ~5,5 milliards de livres) ; le conseil d'easyJet soutient désormais Apollo.
- Aucune offre n'est ferme : Castlelake doit se prononcer avant le 3 août, Apollo avant le 7 août.
- Les règles européennes imposent 51% de propriété communautaire : Castlelake a une solution (deux dirigeants irlandais), Apollo n'en a pas encore présenté.
Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.