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KKR rachète 50 % d'un portefeuille renouvelable de TotalEnergies via un fonds d'assurance
TotalEnergies a cédé 50 % d'un portefeuille éolien et solaire de 1,2 GW à KKR, pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros. L'acheteur n'est pas un fonds d'infrastructure, mais un fonds d'assurance géré par le groupe américain.
Le 3 août, KKR a annoncé la clôture du plus gros fonds d'infrastructure de son histoire, 19,2 milliards de dollars levés pour son cinquième millésime, selon une dépêche Reuters. Le même jour, il a signé le rachat de la moitié d'un portefeuille renouvelable de TotalEnergies. C'est un fonds d'assurance géré par le groupe qui achète, et non ce véhicule d'infrastructure, selon le communiqué du vendeur. KKR loge ces activités sous Global Atlantic, sa filiale de retraite, vie et réassurance.
Le portefeuille compte 1,2 GW d'actifs solaires et éoliens terrestres répartis entre l'Allemagne, l'Espagne, la France et la Pologne. Il est valorisé 1,8 milliard d'euros en valeur d'entreprise, dette comprise. TotalEnergies conserve les 50 % restants et continuera d'exploiter les installations. L'électricité produite est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par le groupe français. La finalisation est attendue en 2026, sous réserve des conditions habituelles. Le produit net encaissé par le vendeur n'est pas communiqué.
Un assureur ne place pas son argent comme un fonds. Ses engagements, rentes et contrats d'épargne, s'étalent sur vingt ou trente ans, et il cherche des actifs dont les revenus tombent sur la même durée : c'est l'adossement actif-passif. Un parc éolien déjà construit, dont la production est vendue par contrat, offre ce profil, avec un risque d'exécution devenu faible et des flux de trésorerie prévisibles. Le secteur appelle ce segment le core infrastructure. Un fonds fermé, dont la durée de vie est fixée au contrat, doit revendre au bout d'une dizaine d'années pour rendre le capital à ses souscripteurs, quand un bilan d'assurance peut détenir sans échéance.
Côté cédant, c'est la deuxième cession de ce type au même acheteur en moins d'un an. TotalEnergies développe ses parcs, les construit, puis en vend la moitié une fois la phase risquée passée : c'est ce que le secteur appelle un farm-down. Le capital libéré finance le projet suivant pendant que le groupe garde l'exploitation et la moitié des revenus. Stéphane Michel, directeur général Gas, Renewables & Power, y voit la démonstration d'un modèle censé porter la branche électricité à 12 % de ROACE, la rentabilité des capitaux employés, en 2030. Le même acheteur avait repris la moitié d'un portefeuille solaire de 1,4 GW en Amérique du Nord en septembre 2025, déjà via des véhicules d'assurance. TotalEnergies attendait alors 950 millions de dollars à la clôture, produit de la cession et d'un refinancement bancaire des actifs, pour une valeur d'entreprise de 1,25 milliard.
Le même jour, Total reprend les renouvelables terrestres de Shell
La cession n'est que la moitié de l'annonce. TotalEnergies rachète l'intégralité des activités renouvelables terrestres de Shell en Europe : 500 MW en exploitation ou en construction, situés principalement en Italie et aux Pays-Bas, et un portefeuille de projets de 3,5 GW en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne. Le prix n'est pas communiqué. Le groupe français achète donc du projet à développer et vend de l'actif construit. Dans son modèle, la valeur se crée pendant la phase de développement, celle qu'il conserve.
Vincent Policard, coresponsable des infrastructures européennes de KKR, justifie l'investissement par sa conviction dans « les fondamentaux de long terme » du renouvelable européen. Le cinquième fonds d'infrastructure du groupe a déjà engagé plus de 9 milliards de dollars, dont le rachat des activités nord-américaines d'EDF Power Solutions.
À retenir
- KKR acquiert 50 % d'un portefeuille de 1,2 GW valorisé 1,8 milliard d'euros ; TotalEnergies garde l'autre moitié et l'exploitation.
- L'acheteur est un fonds d'assurance, pas un fonds d'infrastructure : des actifs construits à revenus contractés conviennent à des engagements longs.
- La cession partielle après développement permet au vendeur de recycler son capital sans perdre le contrôle opérationnel.
Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.