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Lockheed Martin rachète Ultra Maritime à Advent pour 3,45 milliards de dollars

Publié le 08 juil. 2026Source : Communiqués Lockheed Martin et Advent International (6 juillet 2026) ; CNBC ; McKinsey ; Bain & Company

Lockheed Martin rachète Ultra Maritime, spécialiste de la lutte anti-sous-marine, au fonds Advent International pour 3,45 milliards de dollars. Annoncée le 6 juillet 2026, l'opération est une sortie industrielle, sur un marché où l'introduction en bourse reste marginale.

Lockheed Martin, premier contractant de défense mondial, a signé le 6 juillet 2026 un accord définitif pour acquérir Ultra Maritime auprès du fonds de private equity Advent International, pour 3,45 milliards de dollars (communiqué Lockheed Martin). Ultra Maritime conçoit des systèmes de lutte anti-sous-marine — la détection et la neutralisation des sous-marins ennemis : sonars, sonobouées (capteurs acoustiques largués en mer pour repérer un sous-marin), systèmes de défense anti-torpille et plateformes de détection autonomes. La cible emploie environ 2 000 personnes réparties entre États-Unis, Royaume-Uni, Canada et Australie, et fournit les marines de l'alliance « Five Eyes ». Une fois l'opération finalisée — sous réserve des autorisations réglementaires — Ultra Maritime rejoindra la division Rotary and Mission Systems de Lockheed Martin. Citi conseille l'acquéreur ; Guggenheim et JPMorgan interviennent côté vendeur (CNBC).

L'opération est une sortie industrielle (trade sale) : Advent cède l'actif à un acquéreur industriel — un groupe de défense qui l'exploitera — et non à un autre fonds (LBO secondaire) ni via une introduction en bourse. C'est aussi un carve-out : Lockheed n'achète que le pôle maritime, le reste de l'ensemble Cobham Ultra restant dans le portefeuille d'Advent. Advent a construit cet actif par build-up, c'est-à-dire par acquisitions successives regroupées : le fonds a d'abord pris le contrôle du britannique Cobham (offre annoncée en 2019, finalisée en 2020, environ 4 milliards de livres), puis lui a fait racheter Ultra Electronics (annoncé en 2021, bouclé en 2022, environ 2,6 milliards de livres), avant de fusionner les deux sous la marque Cobham Ultra et d'en isoler le pôle maritime. Le montant, 3,45 milliards de dollars, est public, mais le multiple EV/EBITDA (le prix rapporté à l'excédent brut d'exploitation) n'a pas été communiqué, comme presque toujours en private equity. Seul indicateur diffusé par Advent : un chiffre d'affaires en hausse d'environ 17 % par an sur les trois dernières années.

Deux lectures. Côté acquéreur, Lockheed justifie l'opération par le renforcement de ses capacités sous-marines : Stephanie Hill, présidente de la division Rotary and Mission Systems, y voit un moyen d'accélérer la livraison de systèmes de guerre sous-marine aux marines américaine et alliées. Le contexte porte : dépenses de défense en hausse, demande accrue de capteurs et de drones sous-marins. Côté vendeur, le deal illustre la voie de sortie dominante du private equity actuel. Advent présente une création de valeur classique : investissement d'environ 170 millions de dollars sur trois ans, intégration d'entités dispersées, montée en gamme industrielle (Advent). Shonnel Malani, managing partner d'Advent, décrit un actif « sous-investi et pas encore à la hauteur pour ses clients » au moment du rachat. Surtout, la sortie passe par un industriel, pas par la bourse : en 2025, les cessions à des acquéreurs industriels ont représenté environ 60 % des sorties de private equity en Europe, un plus haut sur dix ans, tandis que l'IPO reste marginale (McKinsey). La valeur des sorties a rebondi cette année-là, mais la reprise reste étroite, portée par les méga-deals et l'allongement des durées de détention.

À retenir :

  • Lockheed Martin acquiert Ultra Maritime (lutte anti-sous-marine) à Advent pour 3,45 milliards de dollars, annoncé le 6 juillet 2026.
  • Sortie industrielle typique : cession à un groupe de défense, pas d'introduction en bourse ni de LBO secondaire.
  • La vente à un industriel reste la voie de sortie dominante du private equity ; l'introduction en bourse demeure marginale.

Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.