× Macro & Marchés
Marché secondaire : plus de 120 milliards de dollars au premier semestre 2026, portés par les fonds de continuation
Le marché secondaire du non coté a dépassé 120 milliards de dollars au premier semestre 2026, un record. Pour la première fois depuis plusieurs années, les opérations initiées par les gérants dépassent celles initiées par leurs investisseurs.
Un record porté par un seul type d'opération
Le marché secondaire du non coté — la revente de participations ou de parts de fonds avant l'échéance normale du véhicule — a dépassé 120 milliards de dollars sur les six premiers mois de 2026, en hausse de 20 % par rapport au précédent record établi au premier semestre 2025, selon les données de la banque Evercore rapportées par PitchBook le 21 juillet. La bascule tient moins au volume qu'à sa composition : les opérations initiées par les gérants, dites GP-led, représentent 53,7 % du total, alors que la majorité revenait les années précédentes aux cessions de parts de fonds initiées par les investisseurs souscripteurs, ou LP. Les fonds de continuation mono-actif — un véhicule créé par un gérant pour racheter à son propre fonds une seule société du portefeuille — pèsent à eux seuls 34 milliards de dollars, soit plus de la moitié du volume GP-led.
En France, les fonds de continuation portent les chiffres 2025
Le marché français, mesuré sur l'année 2025 par France Invest et Grant Thornton dans une étude publiée en mars 2026, montre une dépendance comparable. Vingt-trois fonds de continuation y ont levé 5,9 milliards d'euros, et ce sont les seuls véhicules à avoir bouclé des closings supérieurs à 1 milliard d'euros dans l'année. Sans eux, la collecte française recule de 2 % ; avec eux, elle progresse de 15 %. Même effet du côté des investissements, où les montants déployés par ces fonds sont multipliés par 3,8 entre 2024 et 2025. Et du côté des sorties : les cessions à une autre société de capital-investissement passent de 6,0 à 7,1 milliards d'euros mesurés au coût historique, c'est-à-dire à la valeur de l'investissement initial, une hausse que l'étude relie explicitement aux cessions vers des fonds de continuation. Dans le même temps, le nombre total de cessions recule de 7 %, à 1 191 entreprises.
Ce que ça change pour un investisseur non professionnel
Quand un fonds de continuation se met en place, l'investisseur du fonds d'origine choisit : encaisser sa quote-part, ou réinvestir dans le nouveau véhicule. S'il encaisse, il reçoit du cash, ce qui alimente le DPI, le ratio qui mesure ce qu'un fonds a réellement distribué rapporté aux capitaux appelés. Mais l'actif reste géré par la même équipe, présente des deux côtés de la table : vendeuse pour le fonds sortant, acheteuse pour le fonds entrant. Le mode de fixation du prix devient donc la question centrale. Brian Hoehn, directeur des affaires sectorielles à l'ILPA, l'association professionnelle des investisseurs institutionnels en fonds non cotés, résumait en janvier 2026 ce que les souscripteurs attendent des gérants sur ces opérations : « la quasi-totalité des LP veulent aujourd'hui plus d'informations sur le processus d'enchères », rapporte PitchBook. Evercore signale par ailleurs une zone de tassement : la part des fonds de continuation portant sur des éditeurs de logiciels recule de 8 points dans le volume GP-led, un mouvement que la banque attribue aux interrogations sur des actifs exposés à l'IA et à la baisse des comparables cotés.
À retenir
- Le marché secondaire a dépassé 120 milliards de dollars au premier semestre 2026, avec une majorité d'opérations initiées par les gérants et non plus par leurs investisseurs.
- Les fonds de continuation mono-actif en représentent 34 milliards de dollars ; en France, ils portent à eux seuls la progression des levées 2025.
- Cette liquidité naît d'une opération où le gérant est à la fois vendeur et acheteur : le mode de fixation du prix est le point à regarder.
Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.