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Part du private equity dans le M&A mondial : de 2 % à plus de 50 % selon ce qu'on compte

Publié le 26 août 2026Source : Bloomberg (19/08/2026), S&P Global Market Intelligence, LSEG, Mergermarket, Morgan Stanley Investment Management / PitchBook

Selon des données Bloomberg, les LBO représentent 8,2 % du M&A mondial depuis janvier. D'autres fournisseurs annoncent 15 %, ou plus de la moitié. Le marché est le même : ce sont les périmètres qui changent, et l'écart n'a rien d'anecdotique.

Quatre chiffres pour une seule question

Le 19 août, Bloomberg a publié un décompte des opérations annoncées dans le monde depuis le début de l'année : 30 384 transactions de fusions-acquisitions et opérations assimilées, pour environ 3 500 milliards de dollars. Sur ce total, 680 opérations seulement sont des LBO — des rachats d'entreprise par un fonds avec recours à l'emprunt — représentant 286 milliards de dollars, soit 8,2 % de la valeur.

Le même marché, mesuré autrement, donne autre chose. S&P Global Market Intelligence chiffrait les opérations de capital-investissement et de capital-risque à 468,5 milliards de dollars en 2025, soit 15 % d'un marché mondial qu'il évalue à 3 130 milliards. Le LSEG retient 889 milliards d'opérations de capital-investissement, pour un marché total qu'il établit à 4 600 milliards la même année. Et une note de Morgan Stanley de décembre 2025 avance que le capital-investissement intervient dans plus de la moitié des opérations de fusions-acquisitions, en s'appuyant sur des données PitchBook arrêtées au 30 septembre 2025.

Trois arbitrages qui expliquent l'essentiel de l'écart

Le premier porte sur ce qu'on appelle une opération de fonds. Le décompte Bloomberg ne retient que les LBO. Celui de S&P Global additionne capital-investissement et capital-risque, deux métiers distincts, le second n'ayant pas recours à la dette d'acquisition. Le chiffre de Morgan Stanley, lui, compte une opération dès qu'un fonds se trouve d'un côté ou de l'autre de la table — acheteur ou vendeur. Une cession de portefeuille à un industriel entre dans le troisième décompte, pas dans le premier.

Le deuxième porte sur l'unité de mesure. Les 680 LBO de Bloomberg pèsent 8,2 % de la valeur, mais 2,2 % du nombre d'opérations. L'écart entre ces deux ratios n'est pas une contradiction : il indique qu'une opération de fonds est en moyenne bien plus grosse que la transaction médiane du marché. À l'inverse, la note de Morgan Stanley ne précise pas laquelle des deux unités elle retient — ce qui interdit de la rapprocher directement des autres.

Le troisième porte sur le dénominateur. Pour la seule année 2025, le marché mondial des fusions-acquisitions est évalué à 3 130 milliards de dollars par S&P Global, 4 600 milliards par le LSEG et 4 810 milliards par Mergermarket. Il est aussi très sensible à quelques opérations géantes : au premier trimestre 2026, le rachat de X.AI par SpaceX représentait à lui seul près de 30 % de la valeur mondiale du trimestre, sur un total de 861,1 milliards, selon S&P Global. Un dénominateur gonflé par une poignée de mégadeals d'entreprises comprime mécaniquement la part attribuée aux fonds, sans que ceux-ci aient ralenti.

Ce que ce genre d'écart devrait déclencher

Un chiffre de part de marché ne vaut rien sans son périmètre. Avant de retenir qu'un secteur « pèse » tel pourcentage, trois questions suffisent à savoir ce qu'on lit : que compte-t-on comme opération de fonds, mesure-t-on en valeur ou en nombre, et que met-on au dénominateur. Le même réflexe s'applique aux indicateurs de performance, où TRI et multiple racontent deux histoires différentes du même fonds.

Le point n'est pas que l'un des fournisseurs se tromperait. Chacun mesure ce qu'il annonce mesurer, et le précise en note. C'est le raccourci de lecture qui pose problème, quand un pourcentage circule détaché de sa définition et sert à conclure que les fonds seraient absents du marché — ou omniprésents.

Sur l'état réel du marché, les acteurs restent prudents. Matt McClure, co-directeur mondial de la banque d'investissement chez Goldman Sachs, évoque des signes de reprise mais graduels, et estime à 1 500 milliards de dollars le capital que les fonds ont à déployer.

À retenir

  • La part du capital-investissement dans le M&A mondial va de 2 % à plus de 50 % selon la source, sans qu'aucune ne soit fausse.
  • Trois arbitrages expliquent l'écart : le périmètre retenu, la mesure en valeur ou en nombre, et la composition du dénominateur.
  • Le dénominateur lui-même varie de 3 130 à 4 810 milliards de dollars pour la seule année 2025.

Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.