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Performance du capital-investissement français à fin 2025 : toujours en tête, mais une avance qui se resserre (France Invest / EY)

Publié le 06 juil. 2026Source : France Invest · EY

Le capital-investissement français reste la classe d'actifs la plus rentable sur dix ans, selon l'étude France Invest / EY à fin 2025. Mais ses rendements reculent encore, et son avance sur les marchés cotés se resserre nettement : un peu plus d'un point sur le CAC 40.

Le 25 juin 2026, France Invest et EY ont publié la 32e édition de leur étude annuelle sur la performance nette du capital-investissement français, arrêtée à fin 2025 (France Invest). Menée depuis 1994, elle mesure le rendement réellement encaissé par les investisseurs, net des frais de gestion et de l'intéressement des gérants (le « carried interest »). Résultat central : un taux de rentabilité interne (TRI) — le rendement annualisé qui tient compte du calendrier des versements et des remboursements — de 10,8 % par an depuis l'origine des mesures, en 1987, et de 10,7 % sur dix ans. Des niveaux élevés, mais en recul par rapport à fin 2024, dans un contexte que l'étude qualifie d'économiquement et financièrement complexe.

La comparaison avec les marchés cotés reste favorable au non-coté, mais l'écart se réduit. Sur dix ans, le TRI du capital-investissement (10,7 %) devance le CAC 40 (9,5 %), le CAC All Tradable (8,9 %) et le CAC Mid & Small (5,5 %) — ces indices étant retraités par la méthode dite PME, qui reconstitue ce qu'auraient rapporté les marchés cotés avec le même calendrier de flux qu'un fonds. Or l'avance sur le CAC 40 dépassait trois points un an plus tôt ; elle tombe à un peu plus d'un point. Cette érosion n'a rien d'un accident isolé : d'une édition à l'autre, le TRI sur dix ans est passé d'environ 13 % à fin 2023 à 12 % à fin 2024, puis 10,7 % à fin 2025. Chaque édition recalcule ses chiffres sur une base de fonds révisée, ce qui interdit une soustraction exacte, mais laisse la tendance sans ambiguïté. Ce reflux accompagne le bas de cycle du capital-investissement mondial depuis 2022 : la remontée des taux d'intérêt a renchéri la dette et ralenti les cessions, donc les liquidités rendues aux investisseurs.

Pour un investisseur non professionnel, trois nuances comptent plus que le chiffre affiché. D'abord la performance réellement encaissée : les fonds levés depuis 2008 et déjà entièrement liquidés ont rendu 14,6 % par an et 1,91 fois la mise à leurs investisseurs — de l'argent effectivement distribué, pas une valorisation encore sur le papier. Ensuite, l'étude introduit cette année une lecture par taille de fonds : les rendements ressortent globalement homogènes quelle que soit la taille du véhicule, ce qui nuance l'idée qu'un gros fonds paierait mécaniquement mieux. Enfin, ce sont des moyennes, mesurées avant fiscalité, sur une classe d'actifs illiquide qui se juge sur dix ans et non sur les à-coups de court terme. L'étude décrit une performance qui se normalise après des années exceptionnelles — pas un effondrement, mais une marge de sécurité sur les marchés cotés plus mince qu'auparavant.

À retenir

  • 10,7 % net par an sur dix ans à fin 2025 : le capital-investissement français reste devant les indices cotés, mais recule encore.
  • Son avance sur le CAC 40 se resserre, d'environ trois points à un peu plus d'un point en un an.
  • Rendements moyens et avant impôt ; les fonds déjà liquidés depuis 2008 ont rendu 1,91 fois la mise.

Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.