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Argos Index T2 2026 : le prix des PME européennes remonte à 8,8x l'EBITDA pendant que les volumes reculent
L'Argos Index mid-market s'établit à 8,8x l'EBITDA au 2e trimestre 2026, en hausse de 2,3 % sur un trimestre. C'est le deuxième trimestre consécutif de rebond des prix, alors que les volumes d'opérations, eux, reculent de 8 %.
8,8x l'EBITDA, un rebond qui se confirme sans s'accélérer
Publié depuis 2006 par Argos et Epsilon Research, l'Argos Index mid-market mesure le multiple VE/EBITDA médian des prises de participation majoritaires dans des PME non cotées de la zone euro : la valeur d'entreprise — capitaux propres plus dette nette — rapportée à l'EBITDA historique, le résultat d'exploitation avant amortissements. Le périmètre est stable : valeur des titres pour 100 % du capital comprise entre 15 et 500 millions d'euros, médiane calculée sur six mois glissants, secteurs financier, immobilier et high tech exclus.
Au 2e trimestre 2026, l'indice ressort à 8,8x l'EBITDA, après le plus bas depuis 2014 touché fin 2025 à 8,3x. La hausse vient du segment supérieur du mid-market (150 à 500 millions d'euros) ; le segment inférieur reste stable. Louis Godron, président d'Argos, y voit « la résilience structurelle du mid-market de la zone euro » dans un contexte de perte d'élan du M&A.
Les prix montent, les volumes décrochent
Le volume estimé des opérations mid-market en zone euro recule de 8 % sur un trimestre, et sa progression sur un an tombe à 5 %, contre environ 30 % encore au 1er trimestre. Sur le semestre, les volumes progressent de 11 % en glissement annuel mais reculent de 16 % par rapport au second semestre 2025 ; les valeurs publiées baissent de près d'un quart sur les deux bases.
Argos attribue ce ralentissement à l'exposition de l'Europe au conflit impliquant l'Iran, à la flambée du pétrole au-delà de 100 dollars le baril et au risque d'inflation qui en découle — la hausse de taux de la BCE du 11 juin étant, selon Argos, intervenue trop tard dans le trimestre pour l'expliquer. Les rendements obligataires à 10 ans des pays de l'UE — une série que la BCE calcule pour évaluer la convergence des économies vers l'euro — ont continué de monter sur le trimestre, d'environ 3,34 % à 3,45 %. Des prix qui se raffermissent quand les taux montent, c'est contre-intuitif : le mécanisme qui relie les deux est ici contrebalancé par la pression sur les fonds pour déployer leur dry powder, le capital levé mais pas encore investi.
Le contraste avec le marché large est net : selon les données LSEG citées par Argos, la valeur des fusions-acquisitions mondiales a bondi de 49 % au 1er semestre, à 2 800 milliards de dollars, et de 105 % en Europe — mais les volumes européens ont reculé de 14,2 %. Moins d'opérations, plus grosses.
Fonds à 10,2x, industriels à 7,9x : ce que recouvre l'écart
Le multiple d'acquisition payé par les fonds d'investissement ressort à 10,2x l'EBITDA au 2e trimestre, contre 7,9x pour les acquéreurs stratégiques — les industriels qui rachètent une société pour l'intégrer à leur propre activité. L'écart se creuse légèrement, à 2,3x.
Argos décrit cet écart comme un effet de composition plutôt qu'une prime payée sur des actifs comparables : dans son échantillon du 1er semestre, 58 % des opérations menées par des fonds portaient sur des secteurs à multiples élevés (logiciels, santé, informatique, services B2B), contre 35 % pour les industriels. À secteur comparable, les fonds paient aussi davantage, ciblant plutôt le leader ou le consolidateur. Sur le 1er semestre, le LBO hors acquisitions complémentaires ne représente que 14 % des opérations en nombre, mais 32 % en valeur : peu d'opérations, de gros tickets, sur des actifs sélectionnés.
C'est la limite d'usage de l'indice pour un particulier : une médiane n'est pas un prix de marché. Sous les 8,8x, la dispersion s'élargit : 27 % des opérations se sont traitées sous 7,0x l'EBITDA, contre 22 % au trimestre précédent, soit un retour au niveau de fin 2025, au creux du cycle. La part au-dessus de 15x, elle, tombe à 5 %, un plus bas historique. Argos y lit une pression émergente sur des secteurs traditionnellement chers, dont le logiciel, et une normalisation dans les secteurs à faible croissance. L'indice complet, graphiques et méthodologie inclus, est publié gratuitement chaque trimestre par Argos.
À retenir
- L'Argos Index mid-market progresse de 2,3 % à 8,8x l'EBITDA au 2e trimestre 2026, deuxième hausse consécutive après le point bas de 8,3x fin 2025.
- Les prix montent pendant que les volumes reculent de 8 % sur le trimestre : le marché se concentre sur moins d'opérations, de meilleure qualité perçue.
- L'écart de 2,3x entre fonds et industriels tient d'abord à la sélection sectorielle, pas à une surenchère sur des actifs identiques.
Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.