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Défense : les start-up européennes en route vers 10,5 milliards de dollars levés en 2026, selon Dealroom
Les start-up européennes de la défense ont levé 7,4 milliards de dollars en 2026 au 20 septembre et en lèveraient 10,5 milliards sur l'année, contre 2,6 milliards en 2025, selon le rapport de Dealroom et Resilience Media publié le 5 octobre.
Vers quatre fois plus qu'en 2025
Publié le 5 octobre 2026, le rapport State of Defence Tech 2026 de Dealroom, réalisé avec le média spécialisé Resilience Media, recense 7,4 milliards de dollars investis en capital-risque (financement de jeunes entreprises non cotées en échange d'une part de leur capital) dans les start-up européennes de la défense depuis le début de l'année. Les données sont arrêtées au 20 septembre, selon Defense News. L'ensemble de 2025 avait totalisé 2,6 milliards. Dealroom projette 10,5 milliards pour l'année complète, soit environ quatre fois le montant de 2025 ; le rapport estime la croissance à 309 %, devant le spatial (+284 %) et la robotique (+263 %).
Selon le rapport, la part de la défense dans tout le capital-risque européen a presque triplé en un an, de 4 % en 2025 à 11,1 % en 2026. Elle atteint 15 % à l'échelle des seuls 27 pays de l'Union européenne, le périmètre « Europe » du rapport incluant notamment le Royaume-Uni. L'Allemagne mène avec 3,5 milliards de dollars, devant la Finlande (1,2 milliard), le Royaume-Uni (932 millions) et la France (376 millions), selon Defense News. Les drones captent à eux seuls 4,7 milliards, répartis sur 40 tours de table.
Une poignée de tours géants fait le volume
Selon Defense News, les méga-tours représentent plus de 85 % des montants investis cette année dans les start-up européennes de la défense. Ce sont les levées d'au moins 100 millions de dollars, seuil retenu par Dealroom dans l'édition 2025 du rapport. Deux sociétés munichoises en sont les figures de proue. Helsing a annoncé le 13 juillet une série E de 1,8 milliard de dollars sur une valorisation de 18 milliards. Le 2 juillet, Quantum Systems avait annoncé une série D de 1,2 milliard de dollars, sur une valorisation post-money d'environ 8 milliards.
L'argent vient de plus en plus d'outre-Atlantique. Selon les chiffres du rapport repris par UK Defence Journal, les investisseurs américains représentent 47 % du financement des start-up européennes de la défense, contre 17 % en 2020. Toujours selon cette source, les fonds spécialisés dans la défense ont participé à 25 % des tours européens du secteur cette année, contre 18 % en 2025.
L'écart avec les États-Unis reste massif. Sur l'ensemble des pays de l'OTAN et alliés, le rapport compte 27,1 milliards de dollars levés depuis janvier, dont environ 900 millions de tours annoncés mais pas encore vérifiés par Dealroom. Les start-up américaines ont capté 19,6 milliards, soit environ 75 % des 26,2 milliards de financements géographiquement attribués, selon Resilience Media. La part de l'Union européenne progresse toutefois à 21 %, contre 15 % un an plus tôt. « C'est l'Europe qui rattrape son retard, plutôt que les États-Unis qui ralentissent », commente Dealroom, cité par Defense News.
La sortie, maillon faible du modèle
Un fonds de capital-risque ne rend de l'argent à ses souscripteurs qu'au moment où il revend ses participations. Or les sorties restent peu nombreuses. À l'échelle de l'OTAN et de ses alliés, le rapport recense 21 sorties dans la défense en 2025 et en projette 31 en 2026. Il en attend une valeur totale de 15,4 milliards de dollars, contre 18,6 milliards l'an dernier, selon Resilience Media.
Alex Ferrara, associé de Bessemer Venture Partners basé à Londres, où il dirige les investissements dans les technologies de résilience, pointe, dans des propos rapportés par Resilience Media, une limite structurelle du secteur, en Europe comme aux États-Unis : « dans la défense, il n'y a qu'un petit nombre d'acquéreurs stratégiques ».
Valorisations d'entrée et concentration, deux points à lire dans un rapport de fonds
Le rapport de Dealroom porte sur le marché, pas sur les fonds accessibles aux particuliers. Ses chiffres permettent toutefois d'illustrer deux mécanismes utiles à quiconque est exposé au capital-risque, via un FCPI, un fonds de fonds ou une unité de compte non cotée. D'abord, quand plus de 85 % des montants passent par des méga-tours, un fonds présent sur ces opérations concentre une part importante de son capital sur peu de sociétés : Helsing est valorisée 18 milliards de dollars, Quantum Systems environ 8 milliards. Ensuite, tant que les sorties restent rares, la performance reste une valeur estimée, pas un gain encaissé. Le rapport annuel d'un fonds distingue en général les plus-values réalisées des plus-values latentes : c'est cette ligne qui indique la part de la performance déjà transformée en trésorerie.
À retenir
- Les start-up européennes de la défense ont levé 7,4 milliards de dollars en 2026 au 20 septembre. Dealroom projette 10,5 milliards sur l'année, contre 2,6 milliards en 2025.
- Plus de 85 % des montants proviennent de méga-tours, dont ceux de Helsing et de Quantum Systems.
- À l'échelle de l'OTAN, le rapport projette 31 sorties en 2026. Le nombre restreint d'acquéreurs stratégiques reste une limite pointée par les investisseurs.
Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.