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Apollo entre au capital d'Atlantic Aviation, sa deuxième position dans les terminaux d'aviation d'affaires
Apollo entre au capital d'Atlantic Aviation sur une valorisation proche de 10 milliards de dollars. Le gérant américain détient déjà la majorité d'un autre réseau de terminaux d'aviation d'affaires, Modern Aviation, racheté fin 2023.
Une participation dans le deuxième réseau américain de terminaux privés
Apollo et KKR ont annoncé le 27 août 2026 un partenariat portant sur Atlantic Aviation, selon leur communiqué commun. Des fonds gérés par Apollo ont acquis une participation significative dans la société ; des fonds gérés par KKR, propriétaire depuis 2021, en restent actionnaires importants. La transaction valorise Atlantic Aviation près de 10 milliards de dollars — le seul chiffre publié. Le communiqué ne précise pas la répartition du capital ; PitchBook décrit une participation en co-contrôle et signale la présence du fonds souverain singapourien GIC en co-investissement, en citant une personne proche du dossier.
Atlantic Aviation exploite des FBO (fixed-base operators), les terminaux privés installés sur les aéroports pour l'aviation d'affaires : avitaillement en carburant, location de hangars, services au sol. Avec plus de cent sites en Amérique du Nord, c'est la deuxième chaîne du pays derrière Signature Aviation, qui en compte plus de 200 dans le monde. Le modèle repose sur des concessions aéroportuaires de long terme.
Ce que le prix dit, et ce qu'il ne dit pas
KKR avait racheté Atlantic Aviation à Macquarie Infrastructure en 2021 pour 4,475 milliards de dollars, dette reprise incluse, soit 16,2 fois l'EBITDA 2019 de la société, selon l'annonce de l'époque — un multiple d'entrée rarement rendu public. Le réseau comptait alors 69 sites aéroportuaires.
Rien de tel cette fois. Ni le multiple payé par Apollo, ni le montant décaissé ne sont communiqués. Et la comparaison avec 2021 demande de la prudence : le prix de 2021 était une valeur d'entreprise, dette comprise, alors que le communiqué de 2026 se borne à annoncer une valorisation sans en préciser la base. Dire que la valeur a doublé suppose que les deux chiffres mesurent la même chose, ce que rien ne confirme.
Côté vendeur, l'opération n'a pas la forme d'une cession : KKR ne solde pas sa position et remet même de l'argent via ses fonds d'infrastructure. Une sortie partielle de ce type permet de remonter du cash aux souscripteurs sans quitter l'actif, alors que le DPI — le cash effectivement rendu rapporté au capital appelé — est devenu le critère central des levées de fonds en 2026, selon PwC. Les données Carta du premier trimestre montrent le même décalage.
Apollo n'est pas un nouvel entrant dans les terminaux privés
Le gérant américain investit déjà dans ce métier. En novembre 2023, des fonds d'infrastructure gérés par Apollo ont pris la majorité de Modern Aviation, réseau fondé en 2018 et cédé par Tiger Infrastructure Partners, qui exploitait alors 16 terminaux et 19 à l'été 2026. Ce sont là encore des fonds d'infrastructure d'Apollo qui portent l'investissement dans Atlantic. Le gérant se retrouve exposé à deux réseaux distincts ; le communiqué n'évoque aucun rapprochement entre eux.
Le secteur coche les cases de l'infrastructure : revenus adossés à des concessions longues, position difficile à répliquer sur les aéroports les plus fréquentés. David Cohen, associé chez Apollo, dit voir dans l'aviation privée des tendances structurelles durables. Le pari n'est pas isolé : Signature Aviation avait été retirée de la cote en 2021 par Blackstone, Global Infrastructure Partners et Cascade Investment pour 4,73 milliards de dollars.
Reste la nature de la demande sous-jacente. Jim Corridore, analyste principal industrie chez PitchBook, y lit un écart croissant de pouvoir d'achat : « cette tendance va dans le sens d'une économie en K, où les plus aisés s'en sortent bien mieux ».
À retenir
- Apollo signe sa deuxième position dans les terminaux d'aviation d'affaires après Modern Aviation en 2023, à chaque fois via ses fonds d'infrastructure.
- Le multiple payé n'est pas communiqué, contrairement au multiple d'entrée de 2021 — et les deux valorisations ne sont pas établies sur la même base.
- KKR ne sort pas : la sortie partielle rend du cash aux souscripteurs sans céder l'actif.
Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.