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Levées de fonds non cotés : 658 milliards de dollars au premier semestre 2026, une cinquième année de baisse en vue
Les fonds non cotés ont levé 658 milliards de dollars dans le monde au premier semestre 2026, selon PitchBook. Le marché file vers une cinquième année de baisse, et les fonds de plus d'un milliard de dollars captent 78 % des montants.
Cinq années de recul, une seule stratégie épargnée
D'après le rapport Global Private Market Fundraising du deuxième trimestre 2026 de PitchBook, publié le 3 septembre, les gérants de fonds non cotés ont levé 658,1 milliards de dollars sur 1 499 fonds entre janvier et juin. À ce rythme, 2026 serait la cinquième année consécutive de baisse.
La dette privée (des fonds qui prêtent directement aux entreprises, à la place des banques) est la seule stratégie en hausse : +27,3 % sur le semestre par rapport à la même période de 2025. Toutes les autres reculent sur douze mois glissants. Le capital-risque est malgré tout en passe de connaître sa première progression annuelle depuis 2022. Les fonds de private equity ont levé 165,3 milliards de dollars au deuxième trimestre, un rebond aidé par l'Asie. L'immobilier se dirige vers sa plus faible année depuis 2012.
Sans distributions, moins d'argent à réinvestir
PitchBook explique ce ralentissement par un problème de distributions. Les LP (limited partners : caisses de retraite, assureurs, fonds souverains qui confient leur argent aux fonds) enchaînent trois années de flux nets négatifs : ils versent plus qu'ils ne récupèrent. Près de 5 000 milliards de dollars de NAV (la valeur estimée des participations pas encore vendues) sont logés dans des fonds de sept ans ou plus, soit 39 % du total.
Selon PitchBook, les LP n'ont alors que trois options : céder leurs parts sur le marché secondaire, emprunter en garantie de leur portefeuille, ou attendre. Le capital qui continue d'être engagé se concentre : les fonds de plus d'un milliard de dollars ont capté 78,2 % des montants levés au premier semestre 2026, contre 59,1 % en 2021.
La France a fait exception en 2025, alors que la collecte mondiale reculait pour la quatrième année. Selon France Invest, les acteurs français ont levé 42,9 milliards d'euros, en hausse de 10 %. Cette collecte a été portée notamment par les fonds de continuation (véhicules créés par un gérant pour racheter à son propre fonds une ou plusieurs participations) et par les engagements du secteur public, avec une concentration accrue sur quelques acteurs. « On observe […] une polarisation en matière de levée et de déploiement », relève Nicolas Tixier, head of deal advisory chez Grant Thornton. Les chiffres français du premier semestre 2026 ne sont pas encore publiés.
Les plus gros fonds, pas les plus performants
Dans une note d'analyse publiée en juillet, PitchBook constate que le TRI (taux de rendement interne, la performance annualisée d'un fonds) des plus grands gérants est inférieur à celui des plus petits depuis 2015 environ. Taylor Criswell, analyste quantitatif senior chez PitchBook et auteur de la note, l'explique par le profil des cibles : même achetée à un multiple inférieur à la moyenne, une entreprise mature au sommet du marché laisse peu de marge de progression.
Selon PitchBook, ces allocations relèvent en partie de la protection contre les mauvaises surprises. Entre 2015 et 2021, les méga-fonds ont nettement sous-performé leurs pairs dans 7,6 % des cas, contre 9,7 % pour les autres gérants. « Vous n'aurez pas de problème catastrophique », résume Taylor Criswell.
Le passé d'un gérant ne garantit pas non plus la suite : un fonds du premier quartile ne le reste pas toujours au millésime suivant. Aux États-Unis, le DPI (distributions rapportées au capital versé) est devenu l'indicateur de référence des LP, devant le TRI, selon PwC : il mesure le cash effectivement rendu, pas une valorisation. Quand il n'apparaît pas dans le reporting d'un fonds, il se calcule à partir des distributions et des appels de fonds cumulés.
À retenir
- 658 milliards de dollars levés au premier semestre 2026 : une cinquième année de baisse se profile, seule la dette privée progresse.
- Les fonds de plus d'un milliard de dollars captent 78 % des montants, alors que les grands gérants sous-performent les plus petits depuis 2015 selon PitchBook.
- Le DPI est le chiffre à vérifier dans le reporting d'un fonds.
Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.