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Partners Group Private Equity : 74 % des actions demandent la sortie, la vente ordonnée du portefeuille est approuvée

Publié le 09 oct. 2026Source : Partners Group Private Equity (communiqués RNS du 8/09, 5/10, 7/10, 8/10 et 9/10/2026 ; rapport semestriel 2026 ; comptes annuels 2025), QuotedData

Le 7 octobre, les actionnaires de Partners Group Private Equity, société de private equity cotée à Londres, ont approuvé à 99,89 % des voix exprimées la vente ordonnée de tout son portefeuille. Début octobre, l'action cotait environ 40 % sous la valeur de ses actifs.

74 % des titres candidats à la sortie

Partners Group Private Equity (anciennement Princess Private Equity) est une société d'investissement domiciliée à Guernesey, cotée à la Bourse de Londres depuis 2007 et gérée par le suisse Partners Group, selon son rapport semestriel. Ses actionnaires détiennent des actions cotées en Bourse ; c'est la société elle-même qui investit dans des entreprises non cotées.

En juin, après une revue stratégique, le conseil a proposé de créer deux catégories d'actions, rapporte QuotedData : des actions « de continuation », qui gardent la stratégie, et des actions « de réalisation », dont la part du portefeuille serait progressivement vendue pour rendre l'argent. Ces dernières étaient plafonnées à 30 % du capital, plafond relevé à 40 % dans la circulaire du 8 septembre après consultation des principaux actionnaires institutionnels. Au-delà, le projet tombait et le conseil soumettait au vote la vente ordonnée de l'ensemble du portefeuille.

Le seuil a été largement dépassé : 48,8 millions d'actions, soit 74,12 % des actions émises hors autodétention, ont fait l'objet d'une demande de reclassement en actions de réalisation, selon le communiqué du 5 octobre. Le 7 octobre, l'assemblée générale extraordinaire a adopté la mise en extinction par 99,89 % des voix exprimées, lors d'un vote représentant 62,15 % des droits de vote, d'après les résultats publiés par la société. Le président du conseil, Peter McKellar, y lit le signe qu'« une majorité significative de nos actionnaires cherche une voie claire vers la liquidité ».

Une décote que les rachats d'actions n'ont pas refermée

Le 5 octobre, l'action cotait 7,04 euros, soit une décote (l'écart entre le cours de Bourse et la valeur liquidative, c'est-à-dire la valeur estimée des participations, nette des dettes, ramenée à une action) d'environ 40 %, selon QuotedData. La société a publié le 9 octobre sa valeur liquidative d'août : 11,53 euros par action, en recul de 0,5 % sur le mois. Rapporté à ce chiffre, le cours du 5 octobre fait ressortir un écart du même ordre. D'après le rapport semestriel, la décote était passée de 19,6 % fin 2025 à 38,8 % au 30 juin 2026. Dans ce rapport, le président attribue cet élargissement en partie aux spéculations de marché sur deux grandes participations et aux sorties d'actionnaires institutionnels après l'annonce du projet de juin.

Côté performance, le rendement total de la valeur liquidative (dividendes inclus) a été de -8,7 % en 2025, selon les comptes annuels, puis de -8,6 % au premier semestre 2026. Sur cinq ans à fin juin 2026, il ressort à -1,0 % par an, d'après le rapport semestriel. La société a pour politique de verser chaque année un dividende égal à 5 % de la valeur liquidative de fin d'exercice précédent, et elle rachète ses propres actions : 13,4 millions d'euros au premier semestre, à un prix moyen inférieur d'environ 30 % à la valeur liquidative, selon le président. Ces mesures n'ont pas empêché la décote de persister. Richard Williams, analyste senior chez QuotedData, voit dans le résultat des demandes de reclassement « un verdict sans appel des actionnaires ».

Coté ou non, la liquidité a un prix

Une société d'investissement cotée offre une porte de sortie que n'offre généralement pas un fonds fermé non coté, où l'argent reste en principe bloqué jusqu'au terme : l'actionnaire peut vendre ses titres en Bourse. Mais il les vend au prix que le marché accepte de payer, pas à la valeur liquidative. Celle-ci repose sur des valorisations de participations non cotées établies par le gérant, selon ses hypothèses, et elle est publiée avec plusieurs semaines de décalage : la valeur d'août est parue le 9 octobre. Les rachats d'actions de Partners Group Private Equity se font dans la limite des montants alloués par le conseil, pas à la demande des actionnaires. Les fonds evergreen proposent un autre compromis : des rachats à la valeur liquidative, souvent encadrés par des plafonds dont les modalités varient d'un véhicule à l'autre.

C'est cet écart entre prix de marché et valeur estimée qui forme la décote. Elle peut se creuser quand les acheteurs doutent de la valeur affichée, une valeur qui reste une estimation tant que les participations ne sont pas vendues (voir comment un fonds valorise ce qui n'a pas de prix).

Une extinction sans date de fin

Depuis l'assemblée, la société a engagé la vente ordonnée de l'ensemble de son portefeuille (voir prolongation, liquidation, décote). Elle prévoit de reverser le produit disponible des cessions, au fur et à mesure, tous les six mois à partir du 31 mars 2027, plus souvent si les circonstances le permettent, et met fin au réinvestissement automatique des dividendes : les actionnaires concernés les recevront en numéraire, en euros. La société n'a communiqué ni date d'achèvement ni estimation des montants qui seront reversés.

Pendant l'extinction, les frais de gestion annuels de base versés à Partners Group passent de 1,50 % à 1,25 %, selon la circulaire ; la commission de performance, elle, reste inchangée. Le gérant contribue jusqu'à 1,5 million d'euros aux frais de conseil et de documentation de l'opération. Au 30 septembre, la société disposait d'environ 29 millions d'euros de trésorerie et d'une ligne de crédit de 150 millions non tirée, selon son point du 8 octobre ; une ligne de crédit est une capacité d'emprunt, pas une somme à distribuer. Au troisième trimestre, elle a reçu 4,8 millions d'euros de ses participations et en a investi 9,2 millions. Sa politique d'allocation du capital ne dégageait aucun nouveau montant pour les rachats d'actions ; le conseil a toutefois décidé 10 millions d'euros de rachats discrétionnaires, qui s'ajoutent à 4,8 millions restant d'enveloppes antérieures, à déployer d'ici au 31 janvier 2027.

Pour Richard Williams, de QuotedData, l'enjeu porte désormais sur la valeur qui pourra effectivement être récupérée et sur le temps que les actionnaires devront attendre.

À retenir

  • 74 % des actions (hors autodétention) ont demandé à sortir ; la vente ordonnée de tout le portefeuille a été approuvée le 7 octobre, avec des reversements prévus tous les six mois à partir de mars 2027.
  • Début octobre, l'action cotait environ 40 % sous sa valeur liquidative, selon QuotedData. Ni le calendrier complet ni les montants qui reviendront aux actionnaires ne sont connus.
  • Un véhicule coté offre une sortie en Bourse, mais au prix du marché, pas à la valeur estimée par le gérant.

Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.