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Capital-investissement français : les cessions progressent au premier semestre 2026, les levées reculent

Publié le 14 oct. 2026Source : France Invest et Grant Thornton, Activité des acteurs du capital-investissement français, 1er semestre 2026 (13 octobre 2026) ; PitchBook (7 octobre 2026)

Les fonds français ont cédé pour 6,1 milliards d'euros de participations au premier semestre 2026, en hausse de 24 %, selon France Invest et Grant Thornton. Le rythme des sorties reste inférieur au niveau attendu ; les levées reculent de 7 %, à 16,8 milliards.

Des cessions en hausse, un rythme encore inférieur aux attentes

Publiée le 13 octobre, l'étude d'activité semestrielle de France Invest, réalisée avec Grant Thornton à partir des réponses de 354 de ses membres, recense 6,1 milliards d'euros de cessions portant sur 630 entreprises entre janvier et juin : +24 % en valeur et +6 % en nombre sur un an. Ces montants sont exprimés au coût historique, c'est-à-dire à la valeur de l'investissement initial, et non au prix de revente : ils mesurent le volume de portefeuille qui sort, pas les plus-values réalisées.

La hausse est portée par l'infrastructure. Hors infrastructure, la progression est plus modeste : 4,8 milliards d'euros (+6 %) pour 598 entreprises. Selon l'étude, les cessions à des industriels « reprennent fortement » et retrouvent leur niveau historique après plusieurs semestres de baisse depuis le premier semestre 2023 ; les cessions d'un fonds à un autre restent stables. Les passages en pertes sont en hausse et touchent tous les segments. Le communiqué juge que le rythme des sorties reste inférieur au niveau attendu, mais que la dynamique est positive.

Nouvel indicateur de l'étude : la durée moyenne de détention des entreprises cédées en totalité atteint 7 ans au premier semestre 2026. Le calcul porte sur les seules sociétés vendues, soit 2 543 entreprises cédées entre 2022 et juin 2026, et non sur les participations encore en portefeuille.

Moins de fonds de continuation, moins de capitaux levés

Les levées totalisent 16,8 milliards d'euros (-7 %). France Invest l'explique par l'absence de méga-levée et par le recul des fonds de continuation, passés de 3,3 milliards d'euros à 0,7 milliard. Un fonds de continuation est un véhicule créé par une société de gestion pour racheter à l'un de ses propres fonds des participations qu'elle souhaite conserver plus longtemps.

Hors infrastructure, les levées chutent de 30 %, à 10,2 milliards d'euros ; hors fonds de continuation, le recul sur ce périmètre est de 15 %. Près de la moitié de ces capitaux vient de l'international. L'infrastructure lève 6,6 milliards, portés selon le communiqué par deux levées d'envergure ; assureurs et fonds de retraite en apportent près de 59 %.

Parmi les souscripteurs hors infrastructure (les investisseurs qui apportent l'argent aux fonds), les compagnies d'assurance et mutuelles progressent de 73 %, à 1,9 milliard d'euros. Les personnes physiques et family offices (structures qui gèrent le patrimoine d'une famille fortunée) apportent 1,6 milliard, une contribution en recul sur un an.

Un investissement en léger repli, porté par le capital-transmission

Les fonds ont investi 14,4 milliards d'euros dans 1 377 entreprises et projets d'infrastructure (-8 %), un repli imputé par France Invest à la baisse des grandes opérations d'infrastructure (3,8 milliards, -29 %). Hors infrastructure, les montants sont stables (10,6 milliards, +2 %), mais le nombre d'entreprises financées recule de 11 %.

Le capital-transmission (rachat d'entreprises par des fonds, souvent avec de la dette) reste le premier segment avec 6,6 milliards d'euros (+3 %). Le capital-innovation (le financement des jeunes entreprises) progresse de 40 %, à 1,7 milliard, porté selon le communiqué par deux opérations majeures dans l'intelligence artificielle. Les levées des fonds de capital-innovation, elles, reculent de 63 %.

Cessions et durée de détention, deux repères pour le porteur de parts

Les cessions de participations constituent l'une des principales sources de liquidités permettant aux fonds de distribuer des sommes à leurs porteurs de parts. Mesurée au coût historique, la hausse indique que davantage de portefeuille est vendu, sans renseigner sur le multiple obtenu.

Les 7 ans de détention, mesurés sur les entreprises effectivement cédées, donnent un ordre de grandeur de l'immobilisation d'une participation, à rapprocher de la durée de vie inscrite dans la documentation de chaque fonds.

À l'échelle européenne, PitchBook relevait le 7 octobre un recul de 10,9 % de la valeur des deals de private equity au troisième trimestre 2026 par rapport au deuxième, à 149,15 milliards d'euros, estimations de PitchBook comprises. Le détail par segment et par souscripteur figure dans l'étude, en accès libre.

À retenir

  • Cessions : 6,1 milliards d'euros au coût historique au premier semestre 2026 (+24 %, +6 % hors infrastructure), avec un retour des acheteurs industriels, mais un rythme de sorties encore inférieur aux attentes ; durée moyenne de détention de 7 ans pour les entreprises cédées.
  • Levées : 16,8 milliards (-7 %), pénalisées par l'absence de méga-levée et le recul des fonds de continuation (0,7 milliard contre 3,3).
  • Investissements : 14,4 milliards (-8 %), stables hors infrastructure.

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Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.