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Fonds européens : le moral des gérants se dégrade, seuls 11 % ont détenu une participation ayant généré à elle seule au moins 100 % de la valeur d'un fonds

Publié le 16 oct. 2026Source : [EIF Equity Survey Q3 2026](https://www.eif.org/files/publications/eif-equity-survey-2026-q3.pdf) (Fonds européen d'investissement, avec le soutien d'Invest Europe)

Le moral des gérants de capital-risque et de mid-market européens s'est dégradé au troisième trimestre 2026, selon le Fonds européen d'investissement. Seuls 11 % ont déjà détenu une participation ayant généré à elle seule au moins 100 % de la valeur d'un fonds.

682 gérants interrogés, un sentiment en recul sur tous les indicateurs

Publiée le 15 octobre, l'EIF Equity Survey du troisième trimestre 2026 du Fonds européen d'investissement (FEI), réalisée avec le soutien de l'association professionnelle Invest Europe, a interrogé entre le 16 septembre et le 5 octobre 682 gérants investissant en Europe : 407 en capital-risque et 275 en private equity mid-market (le capital-investissement dans des entreprises de taille moyenne). Les résultats sont exprimés en solde net : le pourcentage de réponses positives moins celui des réponses négatives.

Selon les auteurs, les perceptions des gérants sur la situation actuelle, comme leurs anticipations pour les trois prochains mois, se sont dégradées sur l'ensemble des indicateurs par rapport au deuxième trimestre. Il s'agit d'appréciations, pas de volumes mesurés : un solde positif signifie que davantage de gérants constatent une hausse qu'une baisse. La levée de fonds reste le point le plus négatif, avec un solde de -46 %, en recul de 7 points. Les conditions de sortie (la revente des participations) se dégradent de nouveau, à -8 %, soit un recul de 8 points après des signes de stabilisation au trimestre précédent. Le flux de nouveaux dossiers reste positif, à +19 %, mais perd 16 points ; les nouveaux investissements, à +15 %, et les valorisations, à +4 %, restent eux aussi positifs mais en repli.

Des sorties difficiles, le secondaire en renfort

Les introductions en Bourse restent proches de leurs plus bas niveaux depuis le lancement de l'enquête, et les cessions à des industriels demeurent la principale voie de sortie. Les ventes secondaires, y compris à d'autres fonds, progressent, dans un contexte où les auteurs relèvent une pression croissante sur la liquidité des investisseurs des fonds. Près de sept gérants sur dix déclarent par ailleurs que le conflit au Moyen-Orient continue d'affecter négativement leur activité.

La ligne qui rembourse le fonds, rare et imprévisible

Le volet thématique de cette édition porte sur les « fund returners » : les participations qui ont rapporté à elles seules au moins 100 % de la valeur d'un fonds. La moitié des gérants interrogés ont déjà détenu une participation pesant au moins 25 % de la valeur d'un fonds (55 % en capital-risque, 44 % en private equity mid-market), mais seuls 11 % ont connu un fund returner, 16 % parmi les gérants de capital-risque. Parmi les gérants qui en ont eu un, 91 % déclarent que cette réussite a soutenu une levée de fonds ultérieure, et 26 % la jugent déterminante pour la levée du fonds suivant.

Ces lignes se repèrent mal au départ : parmi les gérants ayant connu un fund returner, 1 % classaient leur plus belle réussite, au moment d'investir, comme la participation la plus prometteuse du fonds, et 40 % parmi les plus prometteuses. Les fund returners sont « difficiles, voire impossibles, à prédire », écrivent les auteurs, qui en concluent que cette difficulté renforce l'importance de la diversification dans l'investissement en fonds propres.

Le dénominateur est ici plus large que les seuls fund returners : parmi les gérants ayant détenu une participation représentant au moins un quart de la valeur d'un fonds, 32 % ont cédé la plus performante à un industriel, 22 % à un autre fonds et 13 % via la Bourse ; 31 % ne l'ont pas encore vendue. Les trois voies sont détaillées dans cet article sur la revente des participations. Autre constat : près d'un tiers des fund returners européens les plus performants ont aujourd'hui leur siège aux États-Unis, contre 8 % à leur création.

Une performance qui tient souvent à quelques lignes

Ces résultats renvoient à la loi de puissance du capital-risque, détaillée dans l'article consacré au venture capital : une poignée de participations peut faire l'essentiel du rendement d'un fonds. Le cas le plus fréquent dans l'enquête reste toutefois plus modéré : pour 35 % des répondants, leur meilleure participation représente généralement entre 10 % et 25 % de la valeur de leurs fonds arrivés à maturité.

Pour un porteur de parts, la performance finale d'un fonds peut donc tenir à la cession de quelques lignes, alors que les sorties restent difficiles selon l'enquête. Les gérants sont partagés sur la capacité de l'Europe à faire grandir ses meilleures sociétés : 55 % jugent l'écosystème européen suffisant pour produire des fund returners, 29 % le jugent insuffisant. Parmi ces derniers, 67 % citent la taille des fonds ou le manque de capitaux pour les tours suivants, et 64 % la faiblesse des sorties.

À retenir

  • Au troisième trimestre 2026, les perceptions et anticipations des gérants européens reculent sur tous les indicateurs de l'enquête du FEI. La levée de fonds reste l'indicateur le plus dégradé, à -46 %.
  • Seuls 11 % des gérants ont connu une participation ayant généré à elle seule au moins 100 % de la valeur d'un fonds, et 1 % seulement de ceux-là l'avaient classée comme la plus prometteuse au départ.
  • Les auteurs de l'étude y voient un argument en faveur de la diversification.

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Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.