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Private equity : depuis janvier, les cessions annoncées dépassent les rachats, selon EY
Au troisième trimestre 2026, les fonds de private equity ont annoncé 212 milliards de dollars de cessions, selon le baromètre trimestriel d'EY publié le 29 octobre. Depuis janvier, la valeur des sorties annoncées dépasse celle des nouveaux rachats.
Un trimestre de reprise, après un premier semestre lent
Le Private Equity Pulse d'EY, signé par Pete Witte, analyste principal private equity d'EY au niveau mondial, dresse le bilan du troisième trimestre 2026. Côté achats, les fonds ont annoncé 126 opérations pour 228 milliards de dollars, soit une hausse de 43 % en valeur par rapport au deuxième trimestre.
Depuis le début de l'année, le montant investi (le « déploiement », c'est-à-dire le capital que les fonds engagent dans de nouvelles acquisitions) reste en retrait de 13 % par rapport à 2025. EY attribue ce recul aux méga-opérations, moins nombreuses et de taille plus modeste qu'en 2025 : seulement quatre transactions de plus de 10 milliards de dollars depuis janvier. En dessous de ce seuil, la valeur des opérations annoncées progresse de 4 % par rapport à l'an dernier.
Des cessions en hausse sur un an
Côté ventes, les fonds ont annoncé 212 milliards de dollars de sorties (la revente d'une participation, à un industriel, à un autre fonds ou en Bourse) au troisième trimestre. C'est 15 % de plus qu'au deuxième trimestre et 17 % de plus qu'un an plus tôt. Sur les douze derniers mois, le total atteint 875 milliards de dollars, en hausse de 26 % par rapport aux douze mois précédents.
Résultat, selon EY : depuis le début de l'année, la valeur des cessions annoncées dépasse de près de 28 milliards de dollars celle des acquisitions annoncées.
Le baromètre de KPMG, publié le 22 octobre avec une autre méthodologie, va dans le même sens sur la valeur : sur douze mois glissants, les sorties atteignent 1 400 milliards de dollars, au plus haut depuis le premier trimestre 2022. Leur nombre, en revanche, tombe à 3 295, au plus bas depuis le premier trimestre 2021.
Pourquoi les distributions comptent pour l'investisseur
Une cession est l'étape qui transforme une valorisation sur le papier en argent réel. Le produit de la vente est reversé aux investisseurs du fonds, les LP (Limited Partners, les souscripteurs qui apportent le capital) : ce sont les distributions. Une cession annoncée n'est pas encore une distribution : l'argent n'arrive qu'une fois la vente finalisée. Tant que les distributions n'arrivent pas, la performance d'un fonds reste une estimation. Le ralentissement de ces retours de capital ces dernières années a déjà été documenté, notamment par une enquête de BBH.
Le volet enquête du baromètre, mené chaque trimestre par AlphaSights auprès d'une cinquantaine de professionnels du private equity, mesure cette tension. Sur une échelle de 1 à 10, les gérants (GP, General Partners) évaluent en moyenne à 6,1 la pression exercée par leurs LP pour obtenir des distributions, contre 6,3 l'an dernier et 5,6 il y a deux ans. Mais 34 % d'entre eux la notent à 8 ou plus, contre 6 % il y a deux ans. Pour cette année, 42 % des personnes interrogées anticipent une hausse des distributions et 10 % une baisse.
L'IA, nouveau filtre des investissements dans la tech
L'enquête relève aussi une prudence sur le secteur technologique, qu'EY relie à la disruption par l'intelligence artificielle : 40 % des sociétés de gestion interrogées indiquent avoir renoncé, au cours des douze derniers mois, à un investissement potentiel dans la tech. Pour les six prochains mois, 64 % anticipent une hausse de leur activité d'investissement, contre 72 % au trimestre précédent.
Pour comprendre les différentes voies de sortie d'un fonds, voir Industriel, autre fonds ou Bourse : comment un fonds revend ses participations.
À retenir
- EY recense 212 milliards de dollars de cessions annoncées au troisième trimestre 2026, en hausse de 17 % sur un an.
- Depuis janvier, la valeur des cessions annoncées dépasse celle des acquisitions de près de 28 milliards de dollars.
- Un gérant sur trois juge très forte (8 ou plus sur 10) la pression de ses investisseurs pour obtenir des distributions.
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