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Marchés privés : trois investisseurs sur quatre voient leur capital revenir plus lentement, selon une enquête de BBH
La deuxième enquête annuelle de BBH Investor Services, publiée le 27 octobre, montre des investisseurs toujours décidés à renforcer leurs positions dans le non coté, mais confrontés à un capital qui revient plus lentement.
500 investisseurs interrogés dans cinq pays
Brown Brothers Harriman (BBH), groupe international de services financiers, a publié le 27 octobre 2026, via sa branche BBH Investor Services, la deuxième édition de son enquête annuelle sur les investisseurs en marchés privés. Réalisée par Wakefield Research du 5 au 17 août 2026, elle porte sur 500 répondants : des investisseurs institutionnels (fonds de pension, fonds souverains, fondations, assureurs, family offices…) et des conseillers en gestion de patrimoine (banques privées, sociétés de gestion de patrimoine…), à parts égales dans chaque pays. Les États-Unis comptent 150 répondants, le Royaume-Uni, le Japon et l'Allemagne 100 chacun, la Suisse 50. La moitié de l'échantillon est donc européenne ; la France n'y figure pas.
Premier enseignement : l'appétit ne faiblit pas. 84 % des répondants prévoient d'augmenter leurs investissements en marchés privés d'ici deux ans, et plus d'un quart estiment que plus de 30 % de leurs investissements y seront alloués d'ici cinq ans. Le private equity arrive en tête des cibles de nouveaux investissements (54 %), devant le crédit privé (44 %) ; BBH indique que ces deux proportions sont en hausse sur un an.
Un capital qui revient plus lentement
L'autre enseignement nuance le premier. Trois investisseurs en marchés privés sur quatre déclarent que le délai pour récupérer leur capital s'est allongé au cours de l'année écoulée. Dans un fonds de private equity classique, l'argent revient à l'investisseur essentiellement sous forme de distributions (les sommes reversées aux souscripteurs, notamment après la cession d'une participation) : si les sorties ralentissent, le capital reste immobilisé plus longtemps.
Les données de marché vont dans le même sens. Selon le Pulse of Private Equity de KPMG publié le 22 octobre, le nombre de sorties de private equity sur douze mois glissants est tombé à 3 295 dans le monde, son plus bas niveau depuis 22 trimestres, alors même que la valeur cumulée de ces sorties atteint 1 400 milliards de dollars, un sommet sur 18 trimestres. KPMG relève que, sur les neuf premiers mois de 2026, la valeur des sorties reste concentrée sur un nombre relativement restreint de transactions. Sur l'allongement des durées de détention en Europe, voir aussi comment il pousse certains gérants à céder des participations en cours de vie.
BBH relie ce constat à une préférence pour des horizons plus courts : 66 % des répondants disent préférer déployer leur capital sur quatre à six ans. Les investisseurs réclament aussi un reporting plus fiable des calculs de liquidité et des règles plus claires sur les rachats et les mécanismes de blocage (« gating », le plafonnement des retraits lorsque les demandes dépassent un seuil). Pour comprendre ces mécanismes, plus des trois quarts se tournent vers les gérants ou vers des conseillers.
Liquidité : ce que l'investisseur doit lire avant de souscrire
Pour Lata Vyas, responsable de l'activité Alternative Client Solutions chez BBH, « l'incertitude macroéconomique et géopolitique ne fait que renforcer cette conviction » des investisseurs envers les marchés privés. L'enquête mesure toutefois des intentions et des constats déclarés, pas des montants effectivement investis, et ne porte pas sur les épargnants particuliers eux-mêmes mais sur les institutions et les conseillers qui les accompagnent.
Pour un particulier, le constat sur les délais de restitution est le plus directement utile. Dans un fonds fermé, la durée de vie annoncée n'est pas une date de remboursement garantie : elle dépend du rythme des cessions, et peut être prolongée (voir comment se termine un fonds). Dans un fonds evergreen (fonds ouvert, sans date de fin, qui accepte souscriptions et rachats périodiques), la liquidité dépend des règles de rachat propres à chaque véhicule, qui varient d'un produit à l'autre. Dans les deux cas, ces règles figurent dans la documentation du fonds, à lire avant de souscrire.
À retenir
- 84 % des 500 investisseurs et conseillers interrogés par BBH veulent augmenter leurs investissements en marchés privés d'ici deux ans ; le private equity est la première cible (54 %).
- Trois sur quatre constatent que leur capital a mis plus de temps à revenir au cours de l'année écoulée.
- Selon KPMG, le nombre de sorties de private equity sur douze mois glissants est au plus bas depuis 22 trimestres.
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Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.