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Private equity européen : des détentions plus longues poussent les gérants à céder des participations en cours de vie

Publié le 20 oct. 2026Source : PitchBook, « Longer holds push more GPs to sell stakes mid-life » (19 octobre 2026) ; France Invest et Grant Thornton, Activité du capital-investissement français au S1 2026 (13 octobre 2026) ; Schroders Capital, communiqué Global Direct IV (22 septembre 2026)

L'Europe compte un record de 14 803 entreprises détenues par des fonds, dont 11 % depuis plus de neuf ans, selon PitchBook. Pour dégager de la liquidité, des gérants cèdent des participations minoritaires dans ces entreprises à des co-investisseurs.

Un stock de participations qui s'écoule lentement

Publié le 19 octobre, un article de PitchBook décrit la progression des « co-investissements en milieu de vie » (mid-life co-investments). Le gérant d'un fonds cède une participation minoritaire dans une entreprise qu'il détient déjà à des investisseurs qui entrent à ses côtés.

Le point de départ est l'allongement des durées de détention. Selon le European PE Breakdown du troisième trimestre 2026 de PitchBook, cité dans l'article, l'Europe compte un record de 14 803 entreprises détenues par des fonds de private equity, dont 11 % depuis plus de neuf ans. À l'échelle mondiale, écouler ce stock au rythme actuel des sorties prendrait plus de huit ans, selon les données de PitchBook.

En France, des participations gardées sept ans en moyenne

La tendance se retrouve dans les chiffres français. Selon l'étude d'activité de France Invest et Grant Thornton publiée le 13 octobre, les entreprises cédées définitivement au premier semestre 2026 avaient été détenues 7,0 ans en moyenne, contre 6,7 ans en 2025 et 6,1 ans en 2022.

D'après PitchBook, l'allongement des détentions pèse sur la liquidité des gérants. Certains cèdent donc des participations minoritaires dans des entreprises déjà en portefeuille. L'article cite deux autres facteurs qui rendent ces opérations plus fréquentes : la hausse des taux, qui limite le recours à la dette, et des montages plus complexes sur le marché.

Entrer plus tard : moins de risque, un prix parfois plus élevé

Le co-investisseur est l'investisseur qui prend une participation directe dans une entreprise aux côtés du fonds qui la contrôle. Selon PitchBook, il évite ainsi la période d'investissement initiale, généralement la plus risquée, et arrive plus près de la création de valeur, voire de la sortie. La contrepartie est double : il peut entrer à un multiple de valorisation plus élevé que celui payé par le fonds, et le risque de désalignement d'intérêts peut être plus grand.

Vahit Alili est co-gérant de Global Direct IV, le fonds phare de co-investissement de Schroders Capital, qui a clôturé sa levée à 1,3 milliard de dollars en septembre. Il indique qu'environ 30 % de ses investissements principaux des trois ou quatre dernières années sont des opérations de ce type : « nous recevons de plus en plus d'opportunités de co-investissement en milieu de vie ». Il précise que la grande majorité de ses co-investissements portent sur des entreprises valorisées à leur coût d'acquisition, parfois à 1,1 ou 1,2 fois ce coût.

Pour se protéger, les co-investisseurs peuvent négocier un plancher de sortie (exit floor). Il empêche le fonds de vendre l'entreprise avant qu'ils aient atteint leur rendement cible minimum. Ils peuvent aussi entrer en actions de préférence (preferred equity), qui leur assurent un rendement fixé à l'avance, versé avant toute distribution de profits aux autres actionnaires.

Une opération plus difficile à juger de l'extérieur

Selon l'article, la première question posée par les co-investisseurs porte sur l'objet de l'apport : le fonds finance-t-il un plan défini, ou comble-t-il un manque ? Viennent ensuite la crédibilité du plan de création de valeur et ce qui s'est passé depuis l'investissement initial.

Carole Barnay, directrice adjointe du co-investissement Europe chez Ardian, insiste sur les calendriers : « il faut s'assurer que vos horizons d'investissement sont alignés ». Elle souligne aussi que l'« asymétrie d'information inhérente » à ces opérations peut conduire à davantage de refus, car le potentiel de création de valeur restant est plus difficile à évaluer.

Pour un particulier exposé au private equity via un fonds, ces opérations illustrent un mécanisme de liquidité intermédiaire : une participation peut être partiellement cédée sans que l'entreprise sorte du portefeuille. La durée de vie d'un fonds et ses options en fin de parcours sont détaillées dans cet article.

À retenir

  • L'Europe compte un record de 14 803 entreprises détenues par des fonds, dont 11 % depuis plus de neuf ans (PitchBook).
  • Pour dégager de la liquidité, des gérants cèdent des participations minoritaires dans des entreprises en portefeuille à des co-investisseurs.
  • Ceux-ci évitent la phase la plus risquée mais peuvent payer plus cher que le fonds ; ils se protègent par des planchers de sortie ou des actions de préférence.

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Ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations publiées sont fournies à titre purement informatif et pédagogique.