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La Banque d'Angleterre relève son taux directeur à 4 %, sa première hausse depuis plus de trois ans

Publié le 06 nov. 2026Source : Banque d'Angleterre, Monetary Policy Summary and minutes, novembre 2026 (https://www.bankofengland.co.uk/monetary-policy-summary-and-minutes/2026/november-2026) ; Banque d'Angleterre, Monetary Policy Report, novembre 2026 (https://www.bankofengland.co.uk/monetary-policy-report/2026/november-2026) ; Investing.com ; BBC

La Banque d'Angleterre a relevé le 5 novembre son taux directeur de 0,25 point, à 4 %, face à une inflation remontée à 3,5 % sous l'effet de l'énergie. Au Royaume-Uni, les conditions de financement s'étaient déjà tendues, un paramètre clé pour les rachats à effet de levier.

Le chiffre4 %taux directeur de la Banque d'Angleterre, relevé de 0,25 point le 5 novembre

Un vote à 8 contre 1, une voix pour 0,50 point

Le Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque d'Angleterre a voté à 8 voix contre 1, lors de sa réunion achevée le 4 novembre 2026, pour relever le Bank Rate (le taux directeur britannique) de 0,25 point de pourcentage, à 4 %. Il était resté à 3,75 % depuis la baisse de décembre 2025. La seule voix dissidente, Catherine L Mann, voulait une hausse de 0,5 point, à 4,25 %. Selon Investing.com, il s'agit de la première hausse décidée par l'institution depuis plus de trois ans.

Le comité ne s'engage pas sur la suite : « la politique monétaire ne suit pas une trajectoire prédéfinie », indique le communiqué. Alan Taylor, membre du MPC, estime que « ce n'est pas le début d'un cycle de hausses ». Clare Lombardelli, également membre du comité, juge qu'une nouvelle hausse à court terme se justifierait probablement, faute de signes d'un reflux des pressions inflationnistes. Pour le gouverneur Andrew Bailey, cité par la BBC, cette hausse n'ouvre pas une longue série, mais elle « ne semble pas non plus devoir être la dernière ». La prochaine décision est attendue le 17 décembre 2026.

L'énergie pousse l'inflation britannique

L'inflation des prix à la consommation (CPI) est passée de 2,6 % en juin à 3,5 % en septembre, selon le rapport de politique monétaire publié le même jour. D'après le compte rendu de la réunion, les effets directs de l'énergie ont contribué pour environ 1 point à ce chiffre de septembre. La Banque d'Angleterre s'attend désormais à une inflation d'environ 5 % à la mi-2027, pour une cible de 2 %. Ses projections reposent sur un Brent à 108 dollars le baril, moyenne des contrats à terme sur les 15 jours ouvrés au 27 octobre. Une activité plus solide que prévu plaide aussi, selon le comité, pour une politique « modestement plus restrictive ».

Des conditions de financement déjà plus tendues

Le rapport note que les conditions financières britanniques ont continué de se durcir depuis le rapport de juillet : les rendements des emprunts d'État à 10 ans ont augmenté, de même que ceux des obligations d'entreprises. Selon le compte rendu, les taux de référence des crédits immobiliers à deux ans ont progressé de près de 50 points de base (0,50 point) depuis début septembre. Les taux des nouveaux prêts bancaires aux entreprises sont en revanche restés globalement stables depuis juillet, et la croissance du crédit aux entreprises reste soutenue, selon le comité. Son enquête sur les conditions de crédit signale toutefois une demande en baisse chez les ménages et les PME au troisième trimestre.

La zone euro a pris un chemin voisin plus tôt dans l'année : la BCE a relevé ses taux en juin puis en septembre, avant de les laisser inchangés le 29 octobre, avec une facilité de dépôt à 2,50 %.

Taux directeur et dette d'acquisition : le lien

Le rapport de la Banque d'Angleterre rappelle que les taux des prêts bancaires aux entreprises « se réfèrent souvent au taux directeur ». C'est ce canal qui concerne les fonds de LBO (rachat d'une entreprise financé en partie par de la dette, remboursée par la société rachetée). Lorsque cette dette est à taux variable, une hausse du taux directeur peut alourdir les intérêts à payer et réduire la trésorerie disponible pour rembourser le capital. Elle peut aussi peser sur les prix que les acheteurs sont prêts à payer, un mécanisme détaillé dans cet article sur la hausse des taux et la valorisation des entreprises non cotées.

Deux publications permettent de suivre la suite : la décision du MPC du 17 décembre et l'enquête trimestrielle de la Banque d'Angleterre sur les conditions de crédit.

À retenir

  • La Banque d'Angleterre a relevé son taux directeur de 0,25 point, à 4 %, par 8 voix contre 1 ; un membre voulait 0,50 point.
  • L'inflation britannique a atteint 3,5 % en septembre et pourrait approcher 5 % mi-2027, selon la banque centrale.
  • Les taux des prêts bancaires aux entreprises se réfèrent souvent au taux directeur : la décision peut renchérir la dette à taux variable, dont celle des LBO.
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